À l’heure du bilan des deux premières années du second mandat du président Mahamat Idriss Déby Itno, le Premier ministre Allah Maye Halina a choisi un ton à la fois offensif et pragmatique. Lors d’une cérémonie officielle organisée à N’Djamena ce samedi 23 mai 2026, le chef du gouvernement a défendu les orientations engagées depuis 2024, estimant que l’exécutif est désormais entré dans une phase d’actions concrètes après les promesses de transition. Face aux autorités administratives, partenaires techniques et représentants des médias, il a insisté sur la volonté de bâtir une gouvernance davantage axée sur les résultats.

Structuré autour de 12 grands chantiers et d’une centaine d’actions prioritaires, le programme présidentiel a été présenté comme la colonne vertébrale des réformes engagées. Dans son intervention, Allah Maye Halina a mis en avant plusieurs avancées enregistrées dans des secteurs jugés sensibles, notamment la sécurité, les infrastructures, l’éducation, la santé publique, l’économie et la diplomatie. Le gouvernement estime ainsi avoir maintenu une certaine stabilité institutionnelle malgré un environnement régional marqué par les crises sécuritaires et les pressions économiques persistantes.

Au-delà des chiffres et des réalisations évoquées, cette sortie du Premier ministre apparaît également comme un exercice politique de justification et de repositionnement à mi-parcours du quinquennat. En reconnaissant publiquement les lenteurs administratives et les défis encore visibles dans plusieurs domaines sociaux, le chef du gouvernement a tenté de montrer une posture d’autocritique maîtrisée. Il a notamment appelé à une accélération des réformes ainsi qu’à davantage de discipline dans l’exécution des politiques publiques, signe que l’exécutif veut désormais renforcer la culture de performance au sein de l’administration.

Dans cette dynamique, Allah Maye Halina a exhorté les membres du gouvernement à communiquer régulièrement sur leurs actions afin de rapprocher davantage l’État des citoyens. Ce plaidoyer pour plus de transparence et de redevabilité traduit une volonté politique de restaurer la confiance entre gouvernants et gouvernés, dans un contexte où les attentes sociales restent fortes. À travers ce bilan de mi-mandat, l’exécutif cherche ainsi à convaincre l’opinion que le second quinquennat du président Mahamat Idriss Déby Itno s’inscrit dans une logique de consolidation des acquis et de transformation progressive du pays.

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