L’ancien maire du Grand Manchester, Andy Burnham, est officiellement devenu le nouveau Premier ministre britannique, succédant à Keir Starmer. Il est le septième chef de gouvernement en dix ans, un record qui illustre la profonde instabilité politique dans laquelle est plongé le pays depuis le référendum sur le Brexit.

Nommé par le roi Charles III dans la matinée, le leader travailliste de 56 ans a ensuite prononcé son premier discours devant le 10 Downing Street. Veste tombée, manches retroussées, il a adopté un ton grave mais volontairement tourné vers l’action. « Les Britanniques ne supportent plus les querelles de palais. Ils veulent des résultats. Ce gouvernement sera celui de la stabilité et de la dignité retrouvées », a-t-il déclaré sous les crépitements des flashs.
Andy Burnham s’est fait connaître bien au-delà de sa circonscription pendant la pandémie de Covid-19, puis comme maire du Grand Manchester, où son franc-parler et sa gestion de terrain lui ont valu le surnom de « Roi du Nord ». C’est en partie sur cette image d’élu local, éloigné des intrigues de Westminster, qu’il a construit son ascension jusqu’à la tête du Labour et désormais du pays.
Son défi est immense. De la crise du coût de la vie qui étrangle des millions de ménages à l’hôpital public (NHS) exsangue en passant par des transports paralysés par des grèves à répétition, l’héritage laissé par le gouvernement Starmer et les soubresauts des années conservatrices est lourd. Sans majorité absolue aux Communes, le nouveau locataire de Downing Street devra composer, probablement au prix d’alliances fragiles.
Devant les caméras, Andy Burnham a dévoilé les trois axes de son programme d’urgence, le rétablissement de la stabilité politique, une « guerre déclarée » à la vie chère, et un « plan Marshall » pour les services publics. « Nous ne pouvons plus accepter que des gens renoncent à appeler une ambulance parce qu’ils n’ont pas confiance dans les délais d’intervention, ou que des familles sautent des repas pour que leurs enfants mangent à leur faim », a-t-il lancé.
Si ses partisans saluent une incarnation « sincère et authentique » du Labour, ses détracteurs pointent déjà le manque de marge de manœuvre budgétaire et un programme jugé trop vague par la City comme par les syndicats. Le nouveau Premier ministre n’a pas donné de calendrier précis pour ses réformes, se bornant à promettre des « premières mesures fortes dans les cent jours ».
L’arrivée d’Andy Burnham à Downing Street confirme l’extraordinaire valse des Premiers ministres britanniques depuis 2016. Après David Cameron, Theresa May, Boris Johnson, Liz Truss, Rishi Sunak et Keir Starmer, le pays espère enfin mettre un terme à une décennie de crises à répétition. Reste à savoir si le « Roi du Nord » saura transformer l’essai.
