À l’occasion du 70ᵉ anniversaire de l’indépendance du pays, le général Abdel Fattah al-Burhan, président du Conseil de souveraineté transitoire, a affiché jeudi sa confiance dans l’issue de la guerre contre les Forces de soutien rapide (FSR), tout en maintenant ouverte la possibilité d’un dialogue politique.
« Nous rassurons notre peuple, où qu’il se trouve, que la victoire approche et qu’elle appartiendra au peuple soudanais », a-t-il déclaré dans un discours retransmis par l’agence officielle SUNA. « Nous affirmons également que la porte de la réconciliation nationale reste ouverte. »
Le chef de l’État a salué le soutien des forces politiques alignées derrière l’armée et a adressé un message aux populations du Darfour et du Kordofan, leur assurant que « la victoire est proche ».
Le Soudan est plongé depuis avril 2023 dans une guerre dévastatrice opposant l’armée régulière aux FSR, une milice paramilitaire. Les combats ont déjà fait des milliers de morts et ont provoqué le déplacement forcé de millions de personnes.
Ces dernières semaines, les affrontements se sont intensifiés dans les trois États du Kordofan (Nord, Ouest et Sud), forçant des dizaines de milliers de civils à fuir.
Sur le terrain, le pays apparaît de facto partitionné. Les FSR contrôlent désormais la quasi-totalité des cinq États de la région du Darfour, à l’exception de poches de résistance dans le Nord-Darfour. L’armée, quant à elle, conserve la mainmise sur la majorité des 13 autres États, dont la capitale Khartoum, ainsi que sur les régions du sud, du nord, de l’est et du centre du pays.
Dans ce contexte de fragmentation, le discours du général al-Burhan cherche visiblement à conjuguer fermeté militaire et ouverture politique, alors que la crise humanitaire ne cesse de s’aggraver.
