Alors que les tensions autour des ressources naturelles restent vives dans plusieurs zones rurales du sud du Tchad, des communautés locales participent à une nouvelle phase de dialogues communautaires visant à renforcer la cohésion sociale et la coexistence pacifique entre agriculteurs et éleveurs.
Ce jeudi 7 mai 2026, des forums communautaires se tiennent simultanément dans les cantons Dembo (département de la Moula), Gourourou (département de la Grande Sido) et Ndilingala (département du Barh Sara). Ces rencontres s’inscrivent dans une série d’activités lancées il y a quelques jours dans le cadre du projet NexSud, mis en œuvre par l’APLFT avec Caritas Suisse et l’IHDL, avec l’appui financier de la France, de l’AFD et de l’Union européenne.
Dans ces zones rurales, les tensions entre agriculteurs et éleveurs restent une réalité quotidienne. Les dégâts causés dans les champs, les passages de troupeaux ou encore l’accès aux points d’eau alimentent régulièrement des incompréhensions entre communautés.
Mais au-delà des échanges, ces fora sont surtout marqués par des engagements communs entre agriculteurs et éleveurs. Les deux parties s’engagent à respecter les couloirs de transhumance et les zones de pâturage, à éviter toute incursion des troupeaux dans les champs avant les récoltes, à ne pas cultiver autour des ferricks, à assumer la responsabilité des actes des bouviers, à interdire le recours à des bouviers mineurs et la consommation de stupéfiants, à réparer les dégâts causés par les animaux, à respecter les sites sacrés et les règles d’implantation des ferricks, ainsi qu’à signaler aux autorités locales l’arrivée des transhumants.
Les participants s’engagent également à renoncer à toute forme de justice privée, à privilégier le dialogue et le règlement pacifique des différends, et à saisir le comité de gestion en cas de conflit lié à l’usage des ressources naturelles.
Les recommandations issues des échanges portent principalement sur le balisage des couloirs de transhumance, l’encadrement des déplacements nocturnes des troupeaux en zones de culture, la promotion de la médiation coutumière, la sensibilisation communautaire sur ces engagements de paix, la mise en œuvre de projets communs entre agriculteurs et éleveurs, ainsi que la garantie de l’accès des ferricks aux pâturages et aux points d’eau.
A ce jour, quatorze fora communautaires ont déjà été organisés dans plusieurs autres cantons couverts par le projet NexSud.
