Face à la prolifération de discours jugés menaçants pour la cohésion nationale, les autorités religieuses tchadiennes resserrent leur contrôle sur la prédication publique. Le Conseil Supérieur des Affaires Islamiques (CSAI) a annoncé, mercredi 31 décembre 2025, une série de mesures restrictives, dont l’interdiction de toute publication de fatwas sur internet par des acteurs non officiels.
Désormais, la production et la diffusion d’avis religieux sur les réseaux sociaux et autres plateformes numériques sont réservées à l’autorité des fatwas du CSAI, « et ce jusqu’à nouvel ordre ». Cette décision, prise après une réunion avec des représentants du gouvernement et de la présidence, vise à endiguer ce que l’institution qualifie de discours nuisibles à « l’unité nationale et la coexistence pacifique ».
Un train de mesures pour « encadrer le plaidoyer islamique » L’initiative ne se limite pas au domaine numérique. Le Conseil a également décrété : La suspension immédiate des permis des prédicateurs et orateurs ; Un gel temporaire des autorisations de construction de nouvelles mosquées et édifices religieux islamiques ; L’interdiction de tout prêche ou activité cultuelle non préalablement autorisée ; Un appel solennel aux imams pour qu’ils évitent les sujets sensibles ou polémiques dans leurs sermons.
Par ces annonces, le CSAI affirme vouloir « promouvoir la modération, la tolérance et la paix » dans l’espace public. L’institution a indiqué qu’elle organisera prochainement des réunions de clarification avec les acteurs religieux pour détailler l’application de ces nouvelles règles.
