Le général Abdel Fattah al-Burhan, président du Conseil de souveraineté transitoire du Soudan, s’est entretenu ce dimanche avec l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Ramtane Lamamra. Au cœur des discussions, les efforts de médiation de l’ONU pour mettre un terme à une guerre dévastatrice.
Dans un communiqué, le Conseil a indiqué que le dirigeant soudanais avait salué l’action des Nations unies et exprimé la volonté de son administration de « renforcer la coopération » avec l’organisation et ses agences.
Cette rencontre diplomatique intervient dans un contexte d’aggravation de la catastrophe humanitaire. Depuis avril 2023, l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR), une milice paramilitaire, s’affrontent dans un conflit que ni les médiations régionales ni internationales n’ont pu enrayer. Le bilan est accablant des milliers de morts et des millions de déplacés.
Le général Burhan a réaffirmé la volonté de son gouvernement d’« instaurer la paix dans tout le pays, conformément aux aspirations du peuple soudanais ». Pourtant, les initiatives de paix butent sur de profondes divergences.
Jeudi dernier, l’ONU a tiré la sonnette d’alarme près de 21,2 millions de Soudanais, soit près de la moitié de la population, sont confrontés à une faim aiguë.
En septembre, le « Quad » composé des États-Unis, de l’Arabie saoudite, de l’Égypte et des Émirats arabes unis a proposé un plan en trois étapes : une trêve humanitaire de trois mois, suivie d’un cessez-le-feu permanent et d’une transition de neuf mois vers un gouvernement civil.
Si le chef des FSR, Mohamed Hamdan Dagalo, a unilatéralement annoncé une trêve de trois mois, ses forces ont parallèlement étendu leur emprise sur de vastes territoires, notamment au Darfour et dans le Kordofan, tout en perpétrant des attaques contre les civils.
De son côté, le général Burhan a rejeté le plan du Quad, qu’il juge inéquitable. Selon lui, ce plan « élimine l’armée, dissout les agences de sécurité et laisse la milice rebelle dans les zones qu’elle a conquises ».
Khartoum se dit néanmoins ouvert à des négociations, sur la base de sa propre feuille de route déposée à l’ONU. Celle-ci exige, comme préalable, le retrait des FSR des villes et de tous les sites civils, condition indispensable, selon les autorités, au retour des millions de déplacés.
