Face à une flambée de violences intercommunautaires dans l’est du Tchad, les autorités ont envoyé ce dimanche une importante délégation politico-militaire dans la province du Wadi Fira. Objectif : apaiser les affrontements opposant les communautés Tama et Zaghawa dans le département de Dar Tama, où la situation sécuritaire s’est brusquement détériorée.
Conduite par le Vice-Premier ministre Limane Mahamat, la mission regroupe plusieurs figures clés du gouvernement, dont le ministre de la Défense Issakha Maloua et le ministre de la Sécurité Ali Ahmat Akhabach, accompagnés de hauts responsables militaires. Cette mobilisation traduit la volonté de N’Djamena de reprendre le contrôle d’une crise jugée préoccupante.
Les violences ont éclaté samedi dans la localité d’Igot, située dans le canton de Tourga, à proximité de Guéréda. Selon les premières informations, le conflit aurait été déclenché par un différend autour de l’accès à un point d’eau, avant de dégénérer en affrontements meurtriers. Si un décès est officiellement confirmé, des sources locales évoquent un bilan beaucoup plus lourd, allant jusqu’à plusieurs dizaines de morts, sans confirmation indépendante à ce stade.
Sur le terrain, les conséquences sont déjà visibles. Des villages habités par la communauté Tama auraient été incendiés, tandis que les activités économiques sont paralysées dans plusieurs localités. Le marché hebdomadaire de Kounougou n’a pas ouvert et, à Guéréda, de nombreux commerces sont restés fermés, témoignant d’un climat de peur et de méfiance persistante entre les populations.
Parallèlement, les forces de défense ont été déployées en renfort pour sécuriser la zone, alors que des mouvements de populations sont signalés. Des femmes et des enfants ont été évacués vers Iriba pour leur protection. Face à l’urgence humanitaire, les autorités locales appellent à une assistance rapide en vivres, soins et abris, tandis que les Nations unies recommandent de limiter les déplacements dans la zone jusqu’à nouvel ordre.
