Le nord-ouest du Nigeria est en proie à une recrudescence d’attaques contre des établissements scolaires. Vendredi 21 novembre 2025, plus de 300 personnes ont été enlevées dans une école catholique, un rapt qui intervient seulement quelques jours après celui de 25 lycéennes.
C’est un nouveau coup porté au système éducatif nigérian. Dans la nuit de jeudi à vendredi, des assaillants armés ont pris d’assaut l’école mixte St. Mary, située dans l’État de Niger, au centre du pays. Le bilan, encore provisoire, est lourd selon l’Association des chrétiens du Nigeria, 303 élèves et 12 membres du personnel ont été emmenés dans les profondeurs de la forêt voisine. Ce chiffre représente près de la moitié des effectifs de l’établissement.
Cet enlèvement de masse est le deuxième en l’espace d’une semaine. Dimanche et lundi, un lycée de l’État voisin de Kebbi était la cible d’une attaque similaire, aboutissant à la capture de 25 adolescentes. Face à cette situation, les forces de l’ordre nigérianes affirment avoir déployé des unités tactiques et des renforts militaires pour « ratisser » la zone, mais les autorités locales restent discrètes sur l’avancée des opérations.
Ces événements s’inscrivent dans un contexte d’insécurité endémique. Depuis le traumatisme de l’enlèvement de Chibok en 2014 où près de 300 collégiennes avaient été capturées par Boko Haram, les prises d’otages collectives sont devenues monnaie courante.
La récurrence de ces attaques suscite une inquiétude grandissante au niveau international. Vendredi, le secrétaire américain à la Défense a exhorté Abuja à « prendre des mesures urgentes et durables pour mettre fin aux violences contre les chrétiens ». Cette déclaration fait écho aux menaces d’intervention militaire précédemment proférées par l’ancien président Donald Trump, qui évoquait des « massacres de chrétiens ».
Le gouvernement nigérian, quant à lui, rejette toute lecture confessionnelle du conflit, affirmant que l’ensemble de la population, sans distinction de religion, subit les conséquences de cette violence généralisée. La récente attaque d’une église dans l’ouest du pays, qui a fait deux morts et possiblement des dizaines de captifs, illustre la complexité d’une crise où l’extrémisme et le banditisme s’entremêlent.
