La série de fora initiée par l’APLFT se poursuit dans le sud du Tchad. Cette semaine, le Département des Monts de Lam est à l’honneur. Lundi, 27 avril 2026 les cantons Bessao et Mbaissaye ont accueilli les premières activités de ce cadre d’échanges consacré à la prévention et à la gestion pacifique des conflits liés aux ressources naturelles.
Ils sont venus des villages les plus reculés du canton Mbaissaye, niché dans les Monts de Lam, pour prendre part à ce forum. Chefs de villages, chefs de ferriks, autorités traditionnelles, femmes, jeunes et représentants communautaires participent à trois jours de discussions centrées sur les défis du vivre-ensemble. Au cœur des échanges : la gestion des ressources naturelles, à la fois source de tensions et levier potentiel de cohésion sociale.
Dès l’ouverture, le chef de canton de Mbaissaye a donné le ton. Dans son allocution de bienvenue, il a salué une initiative qui privilégie le dialogue, rappelant avec insistance que la terre, l’eau et les pâturages doivent être des facteurs d’unité plutôt que de division.
À l’origine de cette rencontre, l’APLFT agit dans le cadre du projet NexSud, mis en œuvre en partenariat avec Caritas Suisse et l’IHDL, avec l’appui financier de la France, de l’Agence française de développement (AFD) et de l’Union européenne. Pour le chef de projet, Mounbaye Ngodro, l’ambition est claire : faire des acteurs locaux les premiers artisans de la paix. « Il s’agit d’amener les communautés à dialoguer afin qu’elles deviennent elles-mêmes les garantes de leur sécurité et de leur cohésion », a-t-il souligné.
Représentant le préfet du département, le secrétaire général, Masrabe Ngarhoal, a invité les participants à des échanges francs et empreints de tolérance. Il a réaffirmé l’engagement des autorités administratives à soutenir toutes les initiatives visant à renforcer la paix durable et la cohabitation pacifique.
Mis en œuvre dans plusieurs provinces du sud du Tchad, le projet NexSud adopte une approche intégrée dite du « triple nexus » humanitaire, développement et paix pour répondre aux défis complexes auxquels font face les communautés.
Dans ces zones, la compétition autour des terres agricoles, des pâturages et des points d’eau alimente régulièrement des conflits entre agriculteurs, éleveurs, personnes déplacées et communautés hôtes.
À travers ces fora, les participants sont appelés à identifier ensemble les causes profondes des conflits, à déconstruire les préjugés et à renforcer la confiance mutuelle. Une attention particulière est accordée à la participation des femmes et des jeunes, souvent marginalisés dans les processus décisionnels, mais essentiels à la construction d’une paix durable.
Au-delà des échanges, des résultats concrets sont attendus. Il s’agit notamment d’élaborer une cartographie consensuelle des couloirs de transhumance et de proposer des sites prioritaires pour l’implantation de « puits de la paix », afin de réduire la pression sur les ressources en eau. Des engagements communautaires forts devraient également émerger, traduisant une volonté partagée de préserver la cohésion sociale.
