À l’initiative de l’Union des journalistes tchadiens (UJT), en partenariat avec la Fondation Hirondelle, une conférence-débat s’est tenue mardi 6 octobre 2026 à la Maison de la presse du Tchad. Spécialistes et journalistes y ont analysé les risques d’une crise alimentaire liée à la faible pluviométrie, à la hausse des prix des denrées et au niveau des stocks de vivres de l’Office national de sécurité alimentaire (ONASA).

Les conséquences de la faible pluviométrie, la flambée des prix des denrées alimentaires, le niveau des stocks de l’ONASA et l’appel du gouvernement à ses partenaires ont été au cœur des échanges. La rencontre, placée sous le thème « Déficit céréalier : quelles solutions durables pour éviter l’insécurité alimentaire ? », a réuni deux agronomes, Nasingar Rimtobaye et Mapouki Manenom, ainsi que la journaliste spécialisée dans les questions agricoles, Marietna Emmanuel.

Au cours des discussions, les intervenants ont passé en revue les facteurs susceptibles d’aggraver la situation alimentaire dans le pays. L’agronome Nasingar Rimtobaye a établi un parallèle avec la grande famine de 1984, marquée par une sécheresse particulièrement sévère, d’importantes pertes de cheptel et des difficultés à constituer des réserves céréalières suffisantes.

La journaliste Marietna Emmanuel a, pour sa part, fait état d’une situation préoccupante dans plusieurs zones agricoles. Selon elle, de nombreuses cultures sont déjà affectées par le manque d’eau. « On sent le désastre. Sans ambages, je peux donc affirmer que la situation est critique », a-t-elle averti.

Le technicien d’agriculture Mapouki Manenom estime toutefois que le déficit pluviométrique ne saurait, à lui seul, expliquer les difficultés actuelles. Il évoque également le retard enregistré dans les semis et les pertes de cultures consécutives à l’insuffisance des précipitations. Dans ce contexte, il juge opportun l’appel lancé par le gouvernement à ses partenaires afin de mobiliser rapidement les ressources nécessaires.

Pour les participants, une intervention anticipée, combinée au renforcement des stocks alimentaires et à des mesures durables d’adaptation au changement climatique, demeure essentielle pour limiter les risques d’insécurité alimentaire.

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