À la tribune de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, le ministre tchadien de la Santé publique et de la Prévention, Abdelmadjid Abdelrahim Mahamat, s’exprimant au nom du président Mahamat Idriss Déby, a réaffirmé la position de N’Djamena face à la guerre au Soudan. Le gouvernement tchadien assure maintenir une « neutralité stricte, absolue et inchangée », tout en dénonçant les récentes frappes aériennes survenues dans la province de l’Ennedi-Est.

Tout en réitérant son refus de s’impliquer dans le conflit soudanais, le ministre a fermement condamné les incursions ayant affecté le territoire tchadien. N’Djamena estime que de tels actes portent atteinte à son intégrité territoriale et prévient qu’en cas de nouvelle attaque, le pays se réserve la possibilité de prendre les dispositions jugées nécessaires pour assurer la protection de ses populations et de son territoire.

Au-delà de la dimension sécuritaire, l’intervention tchadienne a insisté sur les conséquences humanitaires de la guerre au Soudan. Selon les chiffres avancés lors de cette prise de parole, le Tchad accueille désormais plus de deux millions de personnes déplacées, parmi lesquelles figurent plus d’un million de réfugiés soudanais. Le ministre a rappelé l’ampleur de cette pression sur le pays, soulignant qu’« une personne sur 17 » vivant au Tchad est aujourd’hui un réfugié. Cette proportion est également documentée par des sources onusiennes.

Dans son intervention, Abdelmadjid Abdelrahim Mahamat a par ailleurs dénoncé ce qu’il présente comme le « cynisme des plus forts » et les pratiques de « deux poids, deux mesures » dans les relations internationales. Le Tchad a réaffirmé son attachement au multilatéralisme, au dialogue entre les États et au respect des principes consacrés par la Charte des Nations unies.

Le ministre a également abordé la question de la Cour pénale internationale. Il a défendu le retrait du Tchad du Statut de Rome, présenté comme une décision « souveraine et irrévocable ». Selon lui, cette orientation résulte d’une réflexion approfondie sur le fonctionnement de la CPI depuis son entrée en activité en 2002, notamment sur les critiques relatives à la concentration de ses procédures sur les pays en développement et, particulièrement, sur l’Afrique.

À travers cette intervention, N’Djamena a ainsi voulu rappeler les différentes dimensions de sa position internationale, maintien d’une ligne de neutralité dans la crise soudanaise, défense de son intégrité territoriale, prise en charge d’une importante population déplacée et affirmation de ses choix en matière de justice internationale. Le gouvernement tchadien entend parallèlement maintenir son engagement en faveur du multilatéralisme et du respect de la souveraineté des États.

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