À l’occasion de ses 100 jours de détention, l’opposant Max Kemkoye a rendu publique, ce lundi 3 août 2026, une lettre ouverte adressée au président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno. Dans ce message présenté comme un appel à la « fraternité républicaine », il revient sur les circonstances de son arrestation ainsi que celles de ses compagnons Ahmed Bokori Nima, Badono Daigou, Mahamat Djara Diguei et Nasour Koursami, tout en formulant plusieurs propositions pour la gouvernance du pays.

Dans sa correspondance, Max Kemkoye affirme que leur détention est liée à des considérations politiques plutôt qu’à des faits constitutifs d’infractions. Il conteste les accusations ayant conduit à leur condamnation en première instance, notamment celles de mouvement insurrectionnel et d’association de malfaiteurs, et rappelle avoir interjeté appel. Selon lui, les poursuites engagées contre les responsables politiques concernés portent atteinte à l’image de la justice tchadienne et suscitent de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique.

L’ancien candidat à la présidentielle soutient également que leur incarcération n’a apporté aucune réponse aux difficultés auxquelles le pays reste confronté, citant notamment les défis liés à la gouvernance, au coût de la vie, à l’accès aux services sociaux de base, au développement économique et à la transparence. Il estime que les priorités nationales demeurent inchangées malgré leur emprisonnement et appelle à une approche davantage orientée vers le dialogue politique.

S’adressant directement au chef de l’État, Max Kemkoye évoque l’héritage de l’ancien président Idriss Déby Itno et exhorte son successeur à prévenir toute dérive institutionnelle. Il plaide pour une réforme profonde de l’administration publique, le renforcement de l’État de droit, la promotion de la compétence dans la gestion des affaires publiques ainsi que l’organisation d’assises nationales destinées à favoriser la réconciliation, la refondation institutionnelle et l’amélioration de la gouvernance.

Dans son message, le président du parti Les Transformateurs… (non, correction : Max Kemkoye s’exprime en son nom) insiste sur la nécessité de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions. Il invite le président de la République à s’entourer de compétences nationales, issues aussi bien de l’intérieur du pays que de la diaspora, afin d’apporter des réponses concrètes aux défis économiques, sociaux et institutionnels auxquels le Tchad est confronté.

En conclusion, Max Kemkoye affirme que sa démarche ne vise ni la confrontation ni la polémique, mais un sursaut patriotique. Tout en présentant ses excuses si certains passages de son message pouvaient être perçus comme offensants, il réaffirme son attachement à la République et appelle le président Mahamat Idriss Déby Itno à être « le président de tous les Tchadiens », dans l’intérêt de l’unité nationale, de la paix et du développement du pays.

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