La présentation du Guruna du peuple Massa à l’UNESCO n’est pas seulement un acte de valorisation patrimoniale ; c’est un geste de fierté nationale pour tous les Tchadiens, du pays comme de la diaspora. À l’heure où les nations réaffirment leurs identités, le Tchad avance avec ambition et lucidité en proposant une tradition authentique, profondément enracinée dans son histoire et dans la mémoire collective de ses communautés.

Le Guruna, pratique pastorale et artistique séculaire, rejoint ainsi la diversité foisonnante des cultures tchadiennes telles que la danse Sara, la danse des Arabes du Tchad, le Bouleum des Moundang, ou encore les rites Hadjarai, Tupuri, Toubou et Kanembou. Chacune de ces expressions témoigne de la pluralité culturelle du pays, souvent qualifié de “Tchad des 200 peuples”. La candidature du Guruna devient alors un symbole : celui d’un patrimoine riche, vivant et prêt à être reconnu au-delà des frontières nationales.

Le Tchad pourrait, à terme, présenter d’autres traditions tout aussi emblématiques pour leur inscription au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Un tel mouvement structuré offrirait au pays un véritable levier de diplomatie culturelle, à l’image des grandes nations qui utilisent leurs arts, leurs rites et leurs récits pour renforcer leur influence. Car la culture n’est pas seulement un héritage : c’est une force stratégique, une arme douce dans le jeu des puissances, un langage universel qui porte l’âme des peuples.

Cette démarche s’inscrit pleinement dans la vision du Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, qui encourage le “retour aux sources” et la réhabilitation des traditions au moment où les mutations sociales menacent l’équilibre des communautés. En mettant en avant ses expressions culturelles, le Tchad répond à un besoin profond : celui de transmettre, d’unir et de se projeter dans un avenir où l’identité n’est plus subie, mais revendiquée avec fierté.

Au-delà du Guruna, c’est donc tout un élan qui se construit. Un élan qui peut donner au Tchad une place de choix dans l’espace culturel africain et mondial, et rappeler à chacun que la valeur d’une nation ne se mesure pas seulement à sa puissance matérielle, mais aussi à la force de son âme.
Par Fakané Zebkalbé

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