À la tribune des Nations Unies, le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno, représenté par son Premier ministre Allamaye Halina, a dressé un constat sévère sur le fonctionnement de l’organisation mondiale. Placée sous le thème « Mieux ensemble : 80 ans et plus pour la paix, le développement et les droits de l’homme », son intervention a été marquée par un appel à une ONU plus inclusive, réactive et capable de répondre aux défis actuels.
Mahamat Déby a pointé du doigt les limites de l’institution face aux crises sécuritaires et humanitaires persistantes. Évoquant les conflits meurtriers au Soudan, en Libye, au Moyen-Orient ou encore en Amérique du Sud, il a dénoncé l’inaction du Conseil de sécurité et rappelé que ces instabilités se répercutent directement sur le Tchad, notamment à travers l’afflux de réfugiés et les menaces sécuritaires transfrontalières.
Le chef de l’État a également fustigé le caractère sélectif des sanctions et la partialité de certaines interventions internationales. Citant Haïti, la République centrafricaine, la RDC ou encore le Mali, il a regretté que les opérations de maintien de la paix n’aient pas toujours tenu leurs promesses. Concernant Gaza, il a qualifié la situation d’« échec collectif » et réaffirmé l’appui du Tchad à une solution à deux États basée sur les frontières de 1967.
Sur le plan du développement, Mahamat Déby a tiré la sonnette d’alarme sur les retards dans la réalisation des Objectifs de développement durable et le manque criant de financements, estimé à 4 milliards de dollars par an pour les pays les plus vulnérables. Il a plaidé pour un « Engagement de Séville » fort, capable de relancer la dynamique mondiale en matière de paix, de climat et de développement durable.
Enfin, il a insisté sur la nécessité de donner à l’Afrique toute sa place dans le système onusien. Reprenant le consensus d’Ezulwini, il a exigé pour le continent un droit de veto au Conseil de sécurité. « L’Afrique ne demande pas la permission. Elle affirme sa voix, sa vision et sa vocation », a-t-il lancé, avant de réaffirmer l’engagement du Tchad pour une ONU réformée, plus démocratique et véritablement tournée vers la paix.
