La confrontation entre le pouvoir tchadien et des organisations citoyennes prend une tournure judiciaire. Après avoir subi des mesures de répression, trois structures la CONAJEPDT dissoute, et Wakit Tama SP ainsi que le Mouvement Citoyen pour le Tchad (MCT) suspendus décident de ne pas rester silencieuses. Leurs avocats ont officiellement saisi la Cour suprême pour contester les arrêtés ministériels ayant conduit à ces décisions.
Ce mercredi 16 juillet, les défenseurs des trois entités ont introduit un recours contre les arrêtés n°011 et 012 signés par le ministre de l’Administration du territoire, Limane Mahamat, le 26 juin dernier. Ces textes, jugés « arbitraires » par Me Florent Ngartoïzo, violent, selon lui, les principes fondamentaux garantis par la Constitution, notamment les droits à la liberté d’association et d’expression.
Cette action en justice intervient dans un contexte de crispation politique, après que ces trois organisations ont publié une déclaration accablante contre le gouvernement. Elles y dénonçaient la recrudescence de l’insécurité dans l’Est et le Sud du pays, où des violences ont causé plus de cinquante morts, et réclamaient la démission des autorités en place. Le recours engagé devant la plus haute juridiction représente désormais un test crucial pour l’avenir des libertés démocratiques au Tchad.
