Malgré la signature des accords de paix de Washington le 4 décembre dernier, la situation dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) connaît une nouvelle dégradation. Le groupe rebelle AFC/M23, dont le soutien rwandais est largement documenté, a pris le contrôle de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Cette avancée militaire, qui aggrave la crise humanitaire, est à l’ordre du jour d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies ce 12 décembre.

Cette offensive relance les interrogations sur la réaction de la communauté internationale. Elle survient dans un contexte déjà tendu par des déclarations polémiques du président américain Donald Trump, pourtant médiateur dans la crise. Dans la nuit du 9 au 10 décembre, l’ancien président a une nouvelle fois affirmé avoir « mis fin à la guerre » entre la RDC et le Rwanda, ajoutant : « Ils m’ont dit : « S’il vous plaît, venez prendre nos minerais. » Et c’est ce que l’on va faire ! »

Des propos qui contrastent avec l’urgence sur le terrain et les attentes des autorités congolaises. À Kinshasa, la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Wagner, et le ministre de la Communication ont publiquement pressé l’administration Trump d’aller au-delà des condamnations verbales. « Il ne suffit pas de condamner », a insisté la chef de la diplomatie congolaise, un message également adressé aux capitales européennes.

Du côté de l’Union européenne, la perspective de nouvelles sanctions contre le Rwanda, évoquée depuis des mois, semblait jusqu’ici mise en suspens pour ne pas « perturber » le processus diplomatique, selon des sources diplomatiques. Cependant, la dernière offensive du M23 pourrait modifier cette position. Un ambassadeur européen en poste à Kinshasa a récemment assuré au président Félix Tshisekedi que la communauté internationale était à ses côtés, soulignant que le Rwanda avait « de moins en moins d’excuses ». Il a ajouté : « Maintenant qu’il y a les accords de Washington, il est important que son garant s’impose pour les faire respecter. »

La balle est désormais dans le camp des garants des accords, alors que la population de l’est du Congo paie le prix fort de cette recrudescence des violences.

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