Au Tchad, la santé mentale demeure un sujet sensible, souvent relégué au second plan dans les priorités nationales. Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon les registres de N’Djamena, les jeunes âgés de 19 à 30 ans représentent près de 38,7 % des cas recensés, soit 732 personnes touchées. Cette réalité traduit une urgence sanitaire et sociale face à laquelle les réponses restent timides.
La Journée mondiale de la santé mentale, célébrée chaque 10 octobre, offre une occasion cruciale pour sensibiliser la population, briser les préjugés et encourager des politiques publiques concrètes. Les autorités, les médias, les professionnels de la santé et les organisations de la société civile sont interpellés pour renforcer la prévention, améliorer la prise en charge et lutter contre la stigmatisation qui entoure encore les troubles mentaux.
Dans les rues de N’Djamena, certaines scènes illustrent le manque criant de structures d’accueil et de soins adaptés : comme cet homme qui, désorienté, écrit au charbon sur le goudron. Beaucoup de personnes souffrant de troubles mentaux pourraient être soignées et réinsérées si des investissements conséquents étaient consentis. Que cette journée mondiale soit un appel à la conscience collective : la santé mentale n’est pas une fatalité, mais un combat que le Tchad peut et doit gagner.
