L’ancien chef d’état-major et leader de l’opposition israélienne doit être officiellement mandaté ce dimanche par le président Isaac Herzog. Fort du soutien de 67 députés, il s’apprête à mettre un terme à l’ère Nétanyahou et à devenir le premier chef de gouvernement séfarade du pays.

C’est une page de l’histoire politique israélienne qui s’apprête à se tourner. Ce dimanche, le président Isaac Herzog doit officiellement confier à Gadi Eisenkot la mission de former le prochain gouvernement. Le leader du parti Yashar (Intègre) en français, principal opposant à Benyamin Nétanyahou, a en effet réuni le soutien de 67 députés de la Knesset, une majorité confortable qui lui permet d’envisager sereinement la constitution d’une coalition.
Figure respectée pour son passé militaire, Gadi Eisenkot a dirigé l’état-major de l’armée israélienne de 2015 à 2019. Son entrée en politique a été marquée par une rupture nette avec le Premier ministre sortant, dont il est devenu l’un des critiques les plus virulents.
Mais au-delà du clivage politique, c’est un contraste sociologique qui s’incarne dans cette alternance. Fils de juifs marocains, élevé dans un milieu modeste à Eilat, dans le sud d’Israël, Gadi Eisenkot s’apprête à devenir le premier chef de gouvernement séfarade issu des communautés juives d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient de l’histoire du pays.
Cette ascension politique marque aussi la revanche des périphéries sur les élites. Elle oppose Gadi Eisenkot à Benyamin Nétanyahou, pur produit de l’élite ashkénaze les Juifs d’origine européenne historiquement dominante dans les institutions israéliennes. Un symbole fort pour une partie de la population qui se sentait éloignée du pouvoir.
Le mandat confié à Gadi Eisenkot ouvre donc une nouvelle ère politique. Reste désormais à transformer cette majorité parlementaire en un gouvernement stable, capable de répondre aux défis sécuritaires et sociaux auxquels Israël fait face.
