Une délégation de la Commission nationale des droits de l’Homme s’est rendue à la maison d’arrêt de Bokoro, dimanche 8 novembre, pour examiner la situation des 53 personnes arrêtées à la suite des violences communautaires du 30 octobre 2026.

Cinquante-trois personnes interpellées après les affrontements du 30 octobre 2026 entre les communautés de Darsalam et d’Isne Mazaraf ont été transférées à la maison d’arrêt de Bokoro. Le dimanche 8 novembre, au troisième jour de sa mission d’investigation, la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) s’est rendue sans dans l’établissement afin d’examiner leur situation et les conditions de détention.
Dans la matinée, la délégation conduite par le président de la CNDH, M. Belngar Larmé Jacques, a rencontré les autorités administratives et plusieurs responsables locaux à la préfecture de Ngoura. Accompagné de commissaires et de trois chefs de service, le président a ensuite pris la direction de Bokoro pour vérifier les informations recueillies au sujet des arrestations.
Selon les renseignements communiqués à la délégation, les 53 personnes sont arrivées à la maison d’arrêt le 6 novembre. Le décompte fait état de neuf arrestations à Creda et de quarante-quatre à Koka. Parmi les personnes détenues figurent un adolescent de 17 ans, un homme de 85 ans et une personne présentant une déficience auditive. Les bilans communiqués à Darsalam et à Isne Mazaraf restent à vérifier.
Le président de la CNDH s’est entretenu directement avec des détenus au sujet de l’alimentation, de l’accès à l’eau potable et des soins. Les personnes entendues ont indiqué avoir accès à l’eau et à la nourriture. Elles ont toutefois signalé le cas d’un détenu malade qui, selon leurs témoignages, n’avait pas pu recevoir de soins. Le président a apporté sur place une aide destinée à faciliter sa prise en charge.
Les commissaires ont parcouru les différents espaces de la maison d’arrêt. Selon une source sécuritaire, l’établissement accueille environ cent personnes pour une capacité de soixante places. Il ne dispose ni d’un dispensaire ni d’une pharmacie.
À Bokoro, le cas du détenu malade illustre concrètement les difficultés relevées pendant la visite. Dans une maison d’arrêt dont l’effectif dépasse la capacité annoncée, l’accès aux soins se joue aussi dans le délai qui sépare le signalement d’un malade de sa prise en charge.
