Le principal groupe de médias indépendant ougandais se dit « assiégé » par l’armée. Dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 juin, la chaîne de télévision NTV, le quotidien Daily Monitor et plusieurs stations de radio ont été contraints de cesser d’émettre, sur ordre direct du général Muhoozi Kainerugaba, chef des armées et fils du président Yoweri Museveni.
Des soldats ont immédiatement pris position devant les bureaux du groupe à Kampala, où ils montent la garde et en interdisent l’accès au personnel. Le général Kainerugaba a justifié cette décision par des impératifs de sécurité nationale, sans apporter de précisions supplémentaires.
Dimanche, le chef de l’armée a de nouveau fait parler de lui en affichant de nouvelles intentions sur le réseau social X (anciennement Twitter), sans en dévoiler la teneur. Une communication qui entretient l’incertitude et renforce l’inquiétude des organisations de défense de la liberté de la presse.
Cette fermeture brutale, qui touche le plus important groupe de médias privé du pays, porte un coup sévère à la liberté d’informer en Ouganda. Le général Muhoozi Kainerugaba, coutumier des déclarations incendiaires sur les réseaux sociaux, n’en est pas à sa première controverse. La situation reste très tendue dans la capitale, où l’accès aux sites internet des médias visés demeure perturbé.
