Adoptée à une large majorité, la réforme du Code électoral marque un tournant dans le paysage politique sénégalais. Le texte a été validé après des débats particulièrement animés à l’Assemblée, traduisant les fortes tensions entre majorité et opposition autour des enjeux d’éligibilité et de participation démocratique.
Selon les initiateurs, cette révision vise à corriger les excès liés à une interprétation trop étendue des motifs d’inéligibilité, qui limitaient, selon eux, l’exercice des droits civiques. L’objectif affiché est d’instaurer des règles plus lisibles et plus équitables afin de garantir un meilleur accès aux compétitions électorales.
Au cœur de cette réforme, le nouvel article L.29 redéfinit de manière stricte les cas d’exclusion des listes électorales. Désormais, seules les personnes condamnées pour des crimes ou des infractions graves, telles que le vol, l’escroquerie, la corruption ou le blanchiment de capitaux, et ayant écopé de peines d’emprisonnement significatives, sont concernées. En parallèle, l’article L.30, qui prévoyait une inéligibilité automatique en cas d’amende supérieure à 200 000 francs CFA, a été purement abrogé.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs estiment que cette réforme pourrait rebattre les cartes en vue de l’élection présidentielle de 2029. En excluant notamment les délits d’opinion et de presse du champ des sanctions entraînant l’inéligibilité, le nouveau dispositif ouvre la possibilité d’un retour sur la scène électorale de certaines figures majeures, dont Ousmane Sonko, dont la participation avait été compromise par des condamnations antérieures.
