Les femmes cadres du ministère de la Justice ont organisé une causerie-débat avec les femmes incarcérées autour d’un thème porteur : « Inclusion, dignité et autonomisation des femmes incarcérées, les chemins vers un avenir radieux ». Animés par la directrice adjointe des droits de l’Homme, Mme Denise Ndigal Amine, ces échanges ont permis d’aborder la question délicate de la condition féminine en milieu carcéral.
En accueillant la délégation, le directeur de la maison d’arrêt de Klessoum, Adoum Godin Kadam, a salué une initiative louable qui témoigne, selon lui, de la solidarité agissante des femmes du ministère à l’égard de leurs sœurs détenues.
Prenant la parole, Mme Marilyne Sanela Djimta a expliqué la portée du thème choisi Il nous invite à réfléchir sur la place accordée aux femmes détenues dans notre société et sur les efforts à consentir pour leur redonner espoir, confiance et perspectives d’avenir.
Présent aux côtés des organisatrices, le directeur général de l’administration du ministère, Zénal-Abidine Ibrahim, représentant la Secrétaire d’État Mme Aminatou Bello, a tenu à lever toute ambiguïté sur l’organisation de cette célébration en différé. Ce n’est en aucun cas une négligence à leur égard. La place d’une femme n’est pas en prison. Mais il arrive dans la vie que des événements, volontaires ou non, nous confrontent à la rigueur de la loi. La prison n’est qu’un lieu de correction et de passage. Il est donc essentiel de préparer l’après, a-t-il souligné.
La parole a ensuite été donnée aux détenues, qui ont exprimé sans détour les difficultés du quotidien carcéral. Ont été évoqués pêle-mêle, l’insuffisance des soins sanitaires, les retards dans les procédures judiciaires auditions et comparutions qui maintiennent des femmes parfois avec des enfants en bas âge dans l’incertitude, la situation préoccupante des filles mineures incarcérées, l’insuffisance de la nourriture et les violences en milieu carcéral. L’absence de formations adaptées, notamment en informatique pour les détenues instruites, a également été dénoncée comme un frein à leur réinsertion future.
Malgré ce constat, l’horizon semble s’éclaircir pour certaines. En perspective de cette rencontre, plusieurs femmes privées de liberté ont confié leur détermination à tourner la page. À leur sortie, elles souhaitent s’engager dans des activités génératrices de revenus pour bâtir leur autonomie et embrasser un avenir meilleur.
