Washington dégaine une garantie financière massive. Les États-Unis ont annoncé vendredi la mise en place d’un dispositif d’assurance contre les risques de guerre pour les navires transitant par le détroit d’Ormuz. La couverture, qui pourra atteindre 20 milliards de dollars, s’appliquera de manière continue et concernera dans un premier temps « la coque, les machines ainsi que le fret », ont précisé le Trésor américain et la Société américaine de financement du développement international (DFC).

Ce plan de réassurance permettra au pétrole, à l’essence, au GNL, au kérosène et aux engrais de traverser à nouveau le détroit, a assuré Ben Black, le directeur de la DFC, affirmant sa conviction que ce dispositif suffirait à rétablir les flux vers les marchés mondiaux.

Sur le plan militaire, l’exécutif américain se montre plus vague. Donald Trump avait évoqué en milieu de semaine une possible escorte des navires par l’US Navy, sur le modèle des années 1980 pendant le conflit Iran-Irak. Vendredi, le secrétaire à l’Énergie Chris Wright a indiqué que la marine se préparait à cette éventualité, sans toutefois dévoiler le moindre calendrier. Concrètement, Washington ne garantit donc pas encore la sécurité des bâtiments, mais promet de dédommager les sinistres éventuels.

Si l’initiative est saluée par les professionnels du secteur, elle suscite également son lot de scepticisme. L’arrivée de capitaux supplémentaires sur le marché ne peut être qu’une bonne nouvelle pour les armateurs, car elle devrait mécaniquement faire baisser les prix, analyse Marcus Baker, responsable mondial du maritime chez Marsh, le plus grand courtier d’assurance mondial, dans les colonnes du Financial Times. Il tempère toutefois,en attendant, nous avons besoin de détails concrets sur le fonctionnement du plan.

Sur le terrain, la méfiance domine. Martín Izaguirre Salgado, marin bloqué sur un pétrolier dans le Golfe, a confié à CNN ses craintes face aux risques de frappes iraniennes. Tant qu’ils continueront à tirer des roquettes ou à utiliser des drones contre les navires marchands, ce sentiment d’insécurité persistera.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *