La deuxième édition du Salon national de l’élevage du Tchad (SNET 2026) a officiellement ouvert ses portes ce jeudi 5 novembre 2026 à la place de la Nation, à N’Djaména. Prévue jusqu’au 10 novembre, cette manifestation placée sous le thème « Promouvoir le cheptel tchadien, c’est bâtir l’élevage de demain » vise à promouvoir les ressources animales du pays et à renforcer la contribution de ce secteur au développement économique national.

Durant six jours, l’événement rassemble les éleveurs, les organisations professionnelles, les producteurs, les transformateurs, les chercheurs, les investisseurs ainsi que les partenaires techniques et financiers. Expositions commerciales, panels scientifiques, forum économique et rencontres d’affaires constituent les principales activités de cette édition. Les participants disposent ainsi d’un cadre d’échanges pour présenter leurs innovations, partager leurs expériences et nouer des partenariats susceptibles de dynamiser les différentes filières animales.

La diversité du patrimoine animalier tchadien occupe une place centrale dans cette rencontre. Des bovins aux camelins, en passant par les petits ruminants et la volaille, plusieurs espèces et races sont présentées aux visiteurs. Les produits dérivés, notamment le lait, le charmout et d’autres produits transformés, ainsi que les équipements, les intrants vétérinaires et les solutions de nutrition animale figurent également parmi les expositions. Des concours sont par ailleurs organisés pour récompenser les meilleures vaches laitières, les animaux présentant les meilleures aptitudes bouchères et d’autres performances zootechniques.

Présentant les potentialités du secteur, le ministre de l’Élevage et de la Production animale, le professeur Abderahim Awat Atteïb, a indiqué que le Tchad disposait, en 2025, d’environ 166 643 446 têtes de bétail, toutes espèces confondues, auxquelles s’ajoutent 37 513 798 volailles. Le cheptel camelin est, quant à lui, estimé à 11 391 044 têtes, positionnant le pays au premier rang mondial dans ce domaine, selon les données communiquées. À ces ressources s’ajoutent plus de 84 millions d’hectares de pâturages naturels, témoignant de l’importance des potentialités pastorales nationales.

Prenant la parole au nom du chef de l’État, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, le Premier ministre, chef du Gouvernement, l’ambassadeur Allah-Maye Halina, a insisté sur la nécessité de franchir une nouvelle étape dans la valorisation de cette richesse. Il a réaffirmé la volonté des autorités de réduire progressivement l’exportation des produits de l’élevage à l’état brut, souvent transformés à l’étranger, au profit d’une industrialisation locale. Selon lui, cette orientation permettrait d’accroître la valeur économique des productions animales, de développer les unités de transformation et de favoriser la création d’emplois au bénéfice de la jeunesse tchadienne.

Cette ambition s’inscrit dans la vision 2030 du président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, qui entend accorder une place centrale à l’agriculture et à l’élevage dans la transformation de l’économie nationale. Pour le chef du Gouvernement, il est désormais question de passer de la simple détention d’un important cheptel à la production de richesses industrielles, en renforçant les capacités nationales de transformation et de commercialisation. « Le temps est venu de passer de la richesse animale à la richesse industrielle, de la production à la transformation et à la commercialisation », a-t-il déclaré.

Au-delà de son caractère commercial et promotionnel, le SNET 2026 entend contribuer à la modernisation des systèmes d’élevage, à l’amélioration de la santé animale, au développement des infrastructures et à l’accès des producteurs aux marchés. À travers les échanges scientifiques, les expositions et les rencontres professionnelles, cette deuxième édition ambitionne de stimuler les investissements, de consolider les chaînes de valeur et de faire de l’élevage un véritable levier de croissance économique, de sécurité alimentaire et de création d’emplois au Tchad.

Par Fakané Zebkalbé

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