La province du Lac dispose d’importantes potentialités agricoles, pastorales, halieutiques et hydriques encore largement sous-exploitées. C’est dans cette perspective que l’Université du Lac Tchad entend adapter ses formations aux réalités et aux besoins du territoire, avec notamment la création d’une Faculté des sciences agronomiques et de l’eau. Lors d’une conférence de presse, le président de l’Université du Lac Tchad, Pr Dadoum Djeko Magloire, a invité les jeunes, particulièrement les nouveaux bacheliers, à s’intéresser davantage aux filières liées à l’agriculture, à la gestion des ressources naturelles et à l’eau. Des potentialités qui constituent des opportunités. Selon le président de l’Université, la province du Lac présente des conditions favorables au développement de plusieurs activités économiques. Les ressources en terres, les activités agricoles et pastorales, ainsi que les ressources halieutiques constituent, selon lui, autant d’opportunités qui peuvent contribuer au développement local.

La présence du Lac et les dépôts successifs de limons et autres éléments issus des phénomènes naturels ont également contribué à la formation de sols présentant un potentiel agricole. Pour le professeur Dadoum Djeko Magloire, ces caractéristiques doivent encourager les jeunes à considérer l’agriculture non plus uniquement comme une activité traditionnelle, mais également comme un secteur professionnel et entrepreneurial.
L’objectif affiché est de former sur place des compétences capables de mieux valoriser ces ressources, tout en apportant des réponses aux défis de la sécurité alimentaire, du changement climatique et de la gestion durable des ressources naturelles. Former des ingénieurs adaptés aux réalités du Lac
La Faculté des sciences agronomiques et de l’eau constitue l’une des principales orientations de l’Université du Lac Tchad. Elle devrait notamment permettre de développer des compétences dans des domaines tels que l’agronomie, la foresterie, la gestion des ressources en eau et les aménagements. Pour le président de l’Université, le choix de ces filières n’est pas fortuit. Il s’agit de rapprocher la formation universitaire des réalités économiques et environnementales de la province.
« Nous ne voulons pas former pour le plaisir de former », a-t-il expliqué, insistant sur la nécessité de mettre l’accent sur l’employabilité et l’entrepreneuriat.
L’ambition est donc de permettre aux étudiants de devenir, au-delà des diplômés, des entrepreneurs agricoles, forestiers ou spécialisés dans la gestion des ressources en eau, capables de créer leurs propres activités et, à terme, de générer également des emplois. De la terre à l’entrepreneuriat l’Université entend notamment encourager une nouvelle approche de l’agriculture. Un jeune diplômé en agronomie pourrait, par exemple, développer une exploitation agricole adaptée aux conditions locales, tandis qu’un spécialiste des ressources en eau pourrait contribuer au développement de solutions d’irrigation ou de pisciculture.
Dans le domaine halieutique, la pisciculture est également présentée comme une piste permettant de diversifier les sources de production et de contribuer à la sécurité alimentaire. La foresterie pourrait, quant à elle, apporter des réponses aux effets du changement climatique et à la dégradation des ressources végétales, tout en offrant des possibilités d’activités économiques.
Retenir les jeunes dans la province. La création de l’Université du Lac Tchad répond également à un autre enjeu, permettre aux jeunes de poursuivre leurs études supérieures sans être obligés de quitter leur province, voire le pays. Le professeur Dadoum Djeko Magloire souligne que de nombreux jeunes de la province du Lac partent traditionnellement vers d’autres villes ou pays, notamment le Cameroun et le Niger, pour poursuivre leurs études.
L’Université du Lac Tchad, créée par décret n°1476 du 17 juillet 2025, se veut ainsi un établissement accessible aux jeunes de la province, mais également aux étudiants venant d’autres régions du Tchad.
Un appel particulier aux jeunes filles
Au cours de la conférence de presse, le président de l’Université a également insisté sur la nécessité d’une plus grande participation des jeunes filles à l’enseignement supérieur. Selon lui, la première rentrée universitaire a enregistré une proportion encore faible de filles. Il encourage donc les parents à soutenir davantage la scolarisation et l’inscription de leurs filles à l’Université du Lac Tchad. Il a par ailleurs rappelé la mesure de gratuité de l’inscription des filles dans les universités publiques, présentée comme une opportunité supplémentaire pour celles qui ont obtenu le baccalauréat mais n’ont pas encore pu poursuivre leurs études supérieures.
Une université tournée vers l’employabilité. Au-delà de l’agronomie, l’Université du Lac Tchad propose également des formations dans les domaines des sciences économiques, de l’administration et du management.
Pour ses responsables, le défi consiste désormais à construire des programmes de formation suffisamment adaptés aux réalités du marché et aux potentialités locales. L’objectif est de faire de l’université un espace où les jeunes acquièrent non seulement des connaissances théoriques, mais aussi des compétences pratiques leur permettant de développer des initiatives économiques. Faire de l’Université du Lac un outil de développement.
À travers cette orientation, l’Université du Lac Tchad ambitionne de devenir un instrument au service du développement de la province.
La formation de compétences locales dans l’agriculture, la gestion de l’eau, la foresterie, l’administration et l’entrepreneuriat pourrait contribuer à mieux valoriser les ressources disponibles et à répondre à certains défis auxquels la province est confrontée.
Le président de l’Université appelle ainsi les médias à accompagner cette dynamique en informant les populations, notamment les jeunes et les parents, sur les possibilités offertes par l’établissement.
À travers l’agronomie, la gestion de l’eau, la foresterie ou encore la pisciculture, le message de l’Université du Lac Tchad est clair, les potentialités du territoire peuvent aussi devenir des opportunités de formation, d’entrepreneuriat et d’emploi pour les jeunes.
