Suspendu pour huit ans par la Fédération Tchadienne de Football Association (FTFA), le sénateur Ibrahim Wang Laouna Foullah peut compter sur le soutien de son administration sportive, qui monte au créneau. Dénonçant une sanction entachée de vices juridiques, ses proches crient à l’éviction ciblée.

Le bras de fer au sommet du football tchadien franchit un nouveau palier. Ce lundi 21 septembre 2026, l’administration sportive de Foullah Édifice FC, représentée par l’administrateur Louba-heindé Séraphin Adoumngar, a animé une conférence de presse au vitriol pour riposter à la suspension de huit ans infligée le 8 septembre dernier par la Commission d’éthique et de discipline de la FTFA au sénateur Ibrahim Wang Laouna Foullah.
Qualifiant sans détour cette sanction de « forfaiture juridique et de faute politique », le camp Foullah dénonce une tentative délibérée de neutraliser un rival encombrant. Bâtisseur de Foullah Édifice FC, club fondé en 2007, triple champion du Tchad et vainqueur de la Coupe nationale, le parlementaire est dépeint comme un mécène incontournable, ayant injecté ses propres deniers pour le rayonnement du ballon rond national, règlement des primes des Sao, sauvetage du match du CHAN 2024 contre la RDC ou encore soutien financier direct aux clubs concurrents pour maintenir le championnat à flot.
Selon l’entourage du dirigeant, c’est précisément cette indépendance financière, couplée à sa popularité auprès des jeunes, qui dérangerait. Candidat aux élections contestées de la FTFA en 2023, le sénateur ferait aujourd’hui l’objet d’une « exécution sportive » destinée à l’écarter définitivement de la course.
Sur le terrain du droit, la défense remet en cause la légalité même de la procédure, arguant d’une violation flagrante de l’immunité parlementaire du sénateur, une prérogative constitutionnelle qui a déjà poussé le Sénat à exiger l’annulation pure et simple de la décision. Les proches de Foullah pointent également un « deux poids, deux mesures », évoquant la situation du président de la FTFA, Tahir Hassan Oloy, élu en mars 2025 alors qu’il occupait la fonction de rapporteur général de l’ANGE, en apparente contradiction avec l’article 33 des statuts de la fédération.
Face à ce qu’ils considèrent comme une impasse institutionnelle, l’administration sportive de Foullah Édifice FC réclame l’annulation immédiate de la suspension et le retour au strict respect des lois républicaines. Prenant à témoin les médias et le chef de l’État, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, le camp du sénateur déplore un spectacle dégradant pour le sport tchadien, tout en se disant prêt au dialogue, sans rien céder sur le respect du droit.
