Dans la province du Lac, les transferts monétaires du PAM permettent aux familles déplacées internes de subvenir à leurs besoins essentiels. Parmi elles, celle de Kandey, veuve ayant fui les violences, incarne une résilience retrouvée.

À Baga Sola, chef-lieu de la province du Lac, l’aide humanitaire prend désormais la forme d’un billet glissé dans une main tendue. Pour les familles déplacées internes, ces transferts monétaires constituent bien plus qu’un simple secours, ils représentent une bouée de sauvetage dans un quotidien bouleversé par les violences.

C’est le cas de Kandey. Veuve, cette mère de famille a fui les affrontements qui ravagent sa région d’origine. Aujourd’hui réfugiée à Baga Sola, elle compte sur cette assistance en espèces pour nourrir les siens et faire face aux dépenses les plus urgentes. « Sans cette aide, nous n’aurions pas de quoi survivre », confie-t-elle.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts conjoints du Gouvernement tchadien et du système des Nations unies au Tchad. En première ligne, le Programme alimentaire mondial (PAM) apporte une assistance vitale aux populations nouvellement déplacées, dont le nombre ne cesse de croître dans cette zone frontalière du lac Tchad.

Au-delà de la simple distribution alimentaire, l’approche adoptée vise un objectif plus ambitieux, préserver la dignité des bénéficiaires tout en renforçant leur capacité à rebondir. En donnant aux familles les moyens de choisir elles-mêmes leurs priorités, l’aide en espèces restaure une forme d’autonomie que la fuite et l’exil leur avaient ôtée.

Pour les acteurs humanitaires, cette méthode présente un double avantage. Elle répond à l’urgence immédiate tout en jetant les bases d’une reconstruction à plus long terme. Les familles déplacées ne sont plus de simples bénéficiaires passives, elles deviennent actrices de leur propre relèvement.

À Baga Sola, l’histoire de Kandey n’est qu’un exemple parmi des milliers d’autres. Mais elle illustre une réalité essentielle, dans les contextes de crise prolongée, la dignité n’est pas un luxe. Elle se construit, jour après jour, grâce à une solidarité organisée et à une aide pensée pour durer.

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