À l’occasion de la 41e Journée du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), célébrée le 12 septembre 2026, le président en exercice de l’organisation, Mahamat Idriss Déby Itno, a plaidé pour un renforcement des dispositifs de contrôle, d’homologation et de surveillance des intrants agricoles.

Cette édition, placée sous le thème « Contribution du CILSS à la mise en œuvre des réglementations régionales sur les intrants agricoles et la santé des plantes au Sahel et en Afrique de l’Ouest », intervient alors que les pays de la région font face aux effets du changement climatique et à la dégradation des terres.

Dans son intervention, le chef de l’État a rappelé la mission historique du CILSS, créé le 12 septembre 1973 pour répondre aux conséquences des grandes sécheresses qui avaient frappé le Sahel. Depuis 1985, une journée est consacrée à l’organisation, qui réunit aujourd’hui treize pays : le Bénin, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo.

Mahamat Idriss Déby Itno a souligné les différentes contributions du CILSS au renforcement de la résilience des populations sahéliennes. Au fil des années, l’organisation s’est investie dans plusieurs secteurs, notamment la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau et de l’énergie, les marchés agroalimentaires, les intrants agricoles, les dynamiques démographiques ainsi que le développement des compétences.

Le président en exercice du CILSS a particulièrement insisté sur l’enjeu de l’utilisation responsable des produits agricoles. Selon lui, l’augmentation de la productivité ne doit pas se faire au détriment de la santé des populations et de l’environnement. Dans un contexte où les changements climatiques imposent d’accroître les capacités de production, le recours aux intrants apparaît nécessaire, mais leur qualité, leur conformité et leurs conditions d’utilisation doivent faire l’objet d’une vigilance accrue.

Le chef de l’État a également évoqué les progrès réalisés depuis l’adoption, en 1992, des premières réglementations régionales consacrées aux intrants agricoles et à la santé des plantes. Ces dispositifs ont ensuite été renforcés en 2006 avec de nouveaux textes portant notamment sur les semences et la biosécurité. Il a salué, dans ce cadre, le rôle du Comité Sahélien des Pesticides (CSP), opérationnel depuis 1994, dans la prévention de la circulation et de l’utilisation de produits phytosanitaires dangereux.

Face à l’apparition de nouveaux types d’intrants, à la fraude et à la présence de produits ne répondant pas aux normes sur les marchés, Mahamat Idriss Déby Itno a appelé les États membres à intensifier leurs efforts. Il préconise notamment un contrôle national plus rigoureux, le renforcement des procédures régionales d’homologation et de suivi, une meilleure traçabilité des produits ainsi qu’un accroissement des moyens et des compétences des services chargés de la surveillance.

Cette 41e Journée du CILSS revêt enfin une dimension particulière avec la célébration du cinquantenaire de l’Institut du Sahel (INSAH), créé le 11 septembre 1976 et établi à Bamako, au Mali. Présenté comme un outil essentiel de coopération scientifique et technique, l’institut accompagne les États dans la recherche et l’expertise sur les enjeux sahéliens. Pour le président du CILSS, la poursuite de l’harmonisation avec la CEDEAO et l’UEMOA constitue une étape déterminante pour mieux protéger les populations, préserver les ressources naturelles et promouvoir une agriculture plus sûre, productive et résiliente, en soutien à la souveraineté alimentaire.

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