L’administration Trump étudierait activement plusieurs scénarios d’action militaire ciblée au Mali. Dans le viseur de la Maison Blanche : le JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), organisation jihadiste affiliée à Al-Qaïda qui a considérablement étendu son emprise territoriale au Sahel ces derniers mois.

Cette éventuelle intervention marquerait un tournant majeur dans la politique américaine en Afrique de l’Ouest, alors que les troupes françaises ont achevé leur retrait du Mali et que les autorités de transition maliennes se sont tournées vers la Russie, notamment via le groupe paramilitaire Wagner, pour assurer leur sécurité.

Selon plusieurs responsables américains, les options sur la table incluent des frappes de drones ciblées contre des cadres du JNIM, des opérations spéciales limitées, ainsi qu’un possible élargissement des missions de renseignement et de surveillance dans la région. « La dégradation de la situation sécuritaire au Sahel constitue une menace directe pour les intérêts américains et ceux de nos alliés », a déclaré un haut fonctionnaire du Pentagone.

L’initiative répond à une double préoccupation, endiguer la progression des groupes jihadistes qui menacent les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, et contrer l’influence grandissante de Moscou dans une région historiquement sous influence occidentale. La présence russe, qui s’est considérablement renforcée depuis le départ des forces françaises et la suspension des opérations de la MINUSMA, est perçue comme un défi stratégique majeur par Washington.

« Il s’agit d’empêcher le Sahel de devenir une plaque tournante du terrorisme international tout en envoyant un signal clair à Moscou », analyse le chercheur spécialiste des questions sahéliennes, qui souligne néanmoins les risques d’une escalade dans une zone déjà profondément déstabilisée.

Les autorités malienne n’a pour l’heure pas réagi officiellement à ces informations. Bamako a récemment réitéré son attachement à sa souveraineté et à ses nouveaux partenariats stratégiques, tout en dénonçant régulièrement ce qu’elle qualifie « d’ingérence occidentale ».

Cette perspective d’intervention soulève de nombreuses interrogations quant à sa faisabilité opérationnelle, alors que les États-Unis ne disposent plus de bases permanentes dans la région après leur retrait du Niger voisin. Les discussions en cours porteraient notamment sur d’éventuels accords avec des pays de la région pour faciliter ces opérations.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *