Après deux jours d’intenses réflexions et de concertation, le Forum africain de l’eau a refermé ses portes ce jeudi 16 juillet 2026 à l’hôtel Radisson Blu de N’Djamena. Placée sous le thème « De la vision à l’action », cette rencontre de haut niveau, organisée conjointement par la République du Tchad et la Banque mondiale, a rassemblé chefs d’État et de gouvernement, responsables d’organisations internationales, partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs du secteur privé. Au terme des travaux, les participants ont affiché une volonté commune d’accélérer les réformes et les investissements afin de garantir un meilleur accès à l’eau et à l’assainissement sur le continent.

Au cœur des échanges, les défis persistants liés à la disponibilité de l’eau potable et aux services d’assainissement ont occupé une place centrale. Les intervenants ont rappelé que plus de 400 millions d’Africains demeurent privés d’un accès à une eau potable sûre, une réalité qui compromet la santé publique, fragilise la sécurité alimentaire et freine le développement économique. Face à ce constat, les experts ont plaidé pour des politiques publiques ambitieuses, des financements innovants et une coopération renforcée entre les États africains et leurs partenaires.
Présidant la cérémonie de clôture au nom du Président de la République, le Premier ministre, Ambassadeur Allah-Maye Halina, a mis en lumière les grandes orientations de la Déclaration de N’Djamena, document stratégique adopté à l’issue du forum. Il a souligné que cette feuille de route repose sur trois axes majeurs : assurer un accès universel à une eau potable de qualité et à des services d’assainissement performants, faire de l’eau un moteur de la souveraineté alimentaire en Afrique et bâtir une coalition internationale capable de mobiliser les financements indispensables au développement du secteur hydraulique.
De son côté, le représentant résident de la Banque mondiale au Tchad, Farouk Mollah Banna, a salué l’implication des différentes parties prenantes dans la réussite de cette rencontre continentale. Il a appelé les gouvernements et les partenaires à dépasser le stade des engagements pour traduire les décisions en réalisations concrètes, estimant que l’urgence de la situation exige désormais des actions tangibles au bénéfice des populations africaines.
Le forum s’est achevé sur un appel fort en faveur de la préservation du bassin du lac Tchad, dont dépendent plus de 30 millions de personnes pour leurs moyens de subsistance. Les participants ont réaffirmé leur engagement à consolider la coopération internationale et à intensifier les investissements dans les infrastructures hydrauliques. Ils ont également convenu de poursuivre cette dynamique lors du Forum des Nations unies sur l’eau, prévu en décembre 2026 à Abu Dhabi, où les engagements de N’Djamena seront attendus au tournant pour ouvrir une nouvelle étape dans la gouvernance de l’eau en Afrique.
