La première session ordinaire de la législature sénatoriale s’est refermée sous la présidence du Dr Haroun Kabadi, en présence du vice-premier ministre Limane Mahamat.

Devant l’hémicycle, le président du Sénat a d’abord salué la mémoire des Tchadiens disparus ces derniers mois soldats et civils tués lors des attaques de Boko Haram dans la province du Lac, victimes de violences intercommunautaires ou de catastrophes naturelles et rendu hommage au « combat héroïque » mené par les forces de défense et de sécurité depuis une décennie.

Mais Haroun Kabadi a aussi fait entendre une note dissonante, s’interrogeant publiquement sur l’efficacité de la riposte gouvernementale face à la récurrence des affrontements entre communautés. « Ces tueries à répétition ne peuvent nous enfermer dans un éternel recueillement, a-t-il lancé. Elles nous obligent à des réponses structurelles. » Dans une critique à peine voilée, le président du Sénat a fustigé les « classiques réponses d’urgence », comparées à « un médecin qui arrive après la mort » délégations dépêchées sur le terrain une fois le drame consommé. « Elles ont désespérément montré leurs limites, car elles n’ont jamais empêché la répétition des massacres. »

En conséquence, la chambre haute exhorte le gouvernement à « revoir sa stratégie en profondeur », en embrassant le problème dans toute sa complexité et sa gravité, pour dégager une réponse globale misant sur une approche à la fois inclusive, préventive et anticipative.

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