Trois grandes organisations internationales ont haussé le ton, vendredi, contre le maintien de la fermeture de la mosquée Al-Aqsa, à Jérusalem-Est occupée. L’Union africaine (UA), l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et la Ligue des États arabes ont publié une déclaration conjointe pour condamner avec la plus grande fermeté cette décision des autorités israéliennes, qu’elles qualifient de « provocation aux sentiments des musulmans du monde entier ».
Dans ce texte, publié sur le site officiel de l’UA, les trois instances dénoncent le « bouclage continu » de l’esplanade, particulièrement « pendant le mois béni du Ramadan », et rappellent « le statut central de la ville sainte de Jérusalem » ainsi que « le lien éternel des musulmans » avec ce lieu.
Les organisations mettent en garde contre les conséquences de ces mesures, affirmant qu’« Israël, puissance occupante, porte l’entière responsabilité » de cette escalade. Selon elles, cette politique « menace de saper la paix et la sécurité régionales et internationales » en attisant les tensions.
Sur le fond, le communiqué réaffirme un principe fondamental du droit international : « Israël, puissance occupante, n’a aucune souveraineté sur le territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris la ville occupée de Jérusalem, capitale de l’État de Palestine. » L’UA, l’OCI et la Ligue arabe rejettent ainsi « catégoriquement » toute action israélienne visant à modifier le statut géographique et démographique de la ville sainte.
Elles ont également tenu à rappeler le statut exclusif du site, précisant que « la mosquée Al-Aqsa/Al-Haram Al-Charif, avec sa superficie de 144 dounams, est un lieu de culte exclusivement réservé aux musulmans ».
Face à cette situation, les trois organisations en appellent à la responsabilité de la communauté internationale. Elles exhortent le Conseil de sécurité de l’ONU à intervenir pour « obliger les autorités d’occupation israéliennes à respecter le droit à la liberté de culte » et à « préserver le statut historique et juridique existant des lieux saints ». Leur demande est immédiate : la réouverture des portes de la mosquée et la levée de toutes les restrictions d’accès pour les fidèles palestiniens.
Rappelons que la fermeture d’Al-Aqsa est en vigueur depuis le 28 février. Israël justifie cette mesure par l’état d’urgence décrété en parallèle du conflit qui l’oppose à l’Iran, une justification qui ne convainc pas les instances panafricaines, panarabes et islamiques.
