Réunis en atelier durant deux jours dans les locaux d’Oxfam, acteurs locaux et humanitaires ont passé au crible les pesanteurs sociales qui entravent à la fois l’émancipation des femmes et l’adoption de bonnes pratiques d’hygiène dans la région du Lac.

C’est un constat sans appel qui a émergé des travaux. Financé par l’Agence Suédoise de Développement (ASDI) et mis en œuvre par Oxfam en partenariat avec GFFO, le projet « Réponse humanitaire dans la province du Lac » a servi de cadre, les 24 et 25 février, à une profonde réflexion sur les normes socioculturelles. L’objectif affiché : partager les résultats d’une étude Genre et d’une analyse des barrières socioculturelles, et engager un dialogue constructif avec la communauté.

« Ces discussions franches doivent nous mener à des solutions concrètes, adaptées aux réalités du terrain », a insisté Lina Hong-Yoh Beultoingar, coordinatrice Justice Genre et représentante d’Oxfam, en ouverture des échanges.

Les travaux ont mis en lumière des freins persistants. Si l’analyse Genre révèle que de nombreuses femmes sont encore victimes de violences conjugales et restent marginalisées dans les instances de décision, l’étude sur les barrières socioculturelles pointe, elle, un paradoxe sanitaire : malgré la construction de latrines, leur utilisation demeure faible, entravée par des croyances et des habitudes solidement ancrées.

Face à ces défis, les participants ont mutualisé leurs expériences pour esquisser des stratégies capables d’impulser un changement de comportement durable, en faveur de l’inclusion et d’un accès équitable aux infrastructures.

Le sous-préfet de Baga Sola rural, Ali Abderamane Mbodou, a salué une initiative qu’il juge cruciale. « Les résultats de cette analyse doivent servir de boussole pour nos planifications futures », a-t-il déclaré, promettant son soutien à toutes les actions qui concilieront justice sociale et respect des réalités culturelles.

Au terme de ces assises, une certitude émerge : c’est en plaçant le genre et les normes sociales au cœur de l’action humanitaire que la région du Lac pourra espérer construire un progrès à la fois durable et inclusif.

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