La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) du Tchad a obtenu le statut B du Sous-Comité d’Accréditation des Institutions Nationales des Droits de l’Homme (SCA), à l’issue de l’examen tenu le 27 octobre 2025 à Genève, en Suisse. L’annonce a été faite ce lundi 10 novembre 2025 à N’Djaména, par le président de la CNDH, Belngar Larmé Jacques, au cours d’un point de presse tenu au siège de l’institution.
Selon le président de la CNDH, cette décision marque une étape importante dans le renforcement de la crédibilité et de l’indépendance de l’institution. Toutefois, le SCA a formulé quatre recommandations majeures à l’endroit de la CNDH afin d’améliorer davantage son efficacité et sa conformité aux Principes de Paris. La première porte sur la nécessité de mieux communiquer sur les violations des droits de l’Homme, afin de consolider la confiance du public et d’accroître son impact sur la scène nationale et internationale.
Le deuxième point évoque la question du mandat des commissaires. Le SCA invite la CNDH à plaider pour une révision de la loi N°028/PR/2018, afin d’y inclure une durée de mandat claire et conforme à la Constitution du 29 décembre 2023. Il recommande également que cette loi accorde à la CNDH un mandat explicite pour effectuer des visites inopinées dans les lieux de détention, renforçant ainsi son rôle de veille en matière de respect des droits humains.
Le troisième volet concerne la diffusion et le suivi des rapports de la CNDH. Le SCA souhaite que la loi établisse un mécanisme de discussion et d’examen des rapports par le Parlement, tout en encourageant la Commission à renforcer le suivi de ses recommandations. Enfin, la quatrième recommandation exhorte la CNDH à participer plus activement aux travaux du système international des droits de l’Homme et à soumettre des rapports alternatifs aux organes onusiens compétents.
Prenant acte de ces recommandations, la CNDH a réaffirmé son engagement à les mettre en œuvre, en collaboration avec la Commission Politique Générale de l’Assemblée nationale, déjà saisie pour l’amendement de la loi 28/PR/2018. Elle a également remercié les autorités nationales, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, le Réseau des Institutions Africaines des Droits de l’Homme (RINADH), l’Association Francophone des CNDH (AFCNDH) et la société civile tchadienne pour leur appui constant dans ce processus d’accréditation. Par Fakané Zebkalbé.
