Le Groupe des onze Ex-Mouvements politico-militaires signataires de l’Accord de Doha a fait connaître, lors d’une conférence de presse ce samedi 27 septembre 2025 à la maison de la presse, son soutien formel à la « révision technique » de la Constitution, présentant cette démarche comme un geste de responsabilité en faveur de la réconciliation nationale, de la paix et de la sécurité. Les signataires insistent sur la nécessité d’un cadre juridique apte à protéger les acquis de la transition et à faciliter la mise en œuvre des programmes politiques.
Au cœur de leur argumentation figure la question de l’article 77, dont l’interprétation actuelle suscite, selon eux, une contradiction profonde : il verrouillerait certaines activités politiques du Chef de l’État au moment même où celui-ci doit pouvoir défendre et mettre en œuvre le programme qui l’a porté au pouvoir. Le texte constitutionnel, qui définit des incompatibilités entre la fonction présidentielle et d’autres mandats ou activités, est donc invoqué comme source d’ambiguïté juridique nécessitant un ajustement.
Les pro-révision mettent en avant des objectifs concrets : assurer la stabilité institutionnelle, prévenir les vides constitutionnels et améliorer l’efficacité de l’action publique. L’Assemblée nationale a d’ores et déjà entamé le processus d’adoption de ces amendements dits « techniques », position que les signataires jugent légitime pour clarifier des zones d’ombre juridiques et faciliter la gouvernance durant et après la transition.
Mais l’examen sérieux des contours de cette déclaration impose d’évaluer la portée réelle des modifications envisagées. Ce qui est présenté comme une simple « révision technique » pourrait, selon certains observateurs, toucher à des équilibres fondamentaux notamment la durée et le renouvellement du mandat présidentiel et transformer en profondeur des règles qui encadrent l’alternance démocratique. De fait, plusieurs médias ont déjà signalé que certaines propositions vont au-delà d’ajustements formels et ouvrent la porte à des réformes substantielles.
Ces perspectives expliquent pourquoi l’initiative suscite à la fois adhésions et réserves : l’opposition et une partie de la société civile dénoncent un risque de concentration des pouvoirs et demandent davantage de transparence, de garanties institutionnelles et d’inclusion dans le débat. Les signataires Ex-MPM, en appelant au dialogue et à la responsabilité nationale, prennent ainsi place au sein d’un débat plus large où la confiance des citoyens et la clarté procédurale seront déterminantes pour la légitimité de la réforme.
En conclusion, le soutien affiché par les Ex-MPM à la révision technique constitue un signal politique important tant il renforce l’argument d’une large concertation autour des changements constitutionnels. Reste à savoir si le processus suivra une trajectoire véritablement inclusive, accompagnée de garanties consultations publiques, contrôle juridictionnel, calendrier transparent permettant d’écarter les craintes d’instrumentalisation politique. L’avenir du texte dépendra désormais de la capacité des acteurs à traduire ce soutien en pratiques démocratiques irréfutables et en assurances institutionnelles crédibles.
