Depuis plus de trente ans, le Tchad traverse une période marquée par un profond étouffement de la scène politique et une mise à mal des principes démocratiques. Liberté d’expression restreinte, répression des voix dissidentes, arrestations arbitraires d’opposants, d’activistes et de membres de la société civile… Le pays semble s’enliser dans un système autoritaire où les contre-pouvoirs sont muselés, et où la haine entre gouvernants et leaders d’opinion a remplacé le dialogue démocratique. Ce climat d’intimidation s’oppose à l’idéal républicain d’un État souverain, fondé sur le respect des droits et libertés.
Pourtant, malgré cette longue période de verrouillage politique, un tournant demeure possible. Il est urgent que les gouvernants renoncent à la logique de domination et fassent preuve d’ouverture. La tolérance, le fair-play et le pardon doivent guider la reconstruction du vivre-ensemble. Il s’agit de dépasser les rancunes et de poser les bases d’un nouveau contrat social, inclusif, juste et respectueux des divergences. C’est le seul chemin pour sortir durablement des crises politiques récurrentes qui freinent le développement du pays.
Car l’avenir du Tchad repose sur l’unité de ses fils et filles. Le temps du pillage et de l’exclusion doit faire place à celui de la réconciliation et de la coopération patriotique. La tolérance politique suppose l’écoute des autres opinions, le fair-play une acceptation des règles du jeu démocratique, et le pardon une rupture définitive avec la politique de vengeance. Ensemble, dans la diversité, les Tchadiens peuvent bâtir une nation forte, fondée sur l’unité, le travail et le progrès.
Par ALONANGA SOUANG JOSUÉ, stratège en formation
