Lutte contre l’esclavage moderne. La Rapporteure spéciale des Nations Unies sur la traite des êtres humains, Siobhán Mullally, a été reçue ce lundi par le président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), Belngar Larmé Jacques. Une audience consacrée aux fléaux du travail forcé, des mariages précoces et de l’exploitation des mineurs.

Pour sa première visite officielle au Tchad, l’experte onusienne entend ausculter les réalités locales. Au cours des échanges, les discussions ont permis d’explorer la situation générale des droits humains dans le pays, avec un focus particulier sur les vulnérabilités. Siobhán Mullally est venue s’enquérir des pratiques liées au mariage forcé, au travail domestique abusif, à l’exploitation sexuelle, ainsi qu’aux risques spécifiques encourus par les réfugiés et les migrants sur le territoire.

Le président de la CNDH a brossé un tableau sans concession des défis persistants. Il a notamment attiré l’attention sur le sort des enfants bouviers, souvent pris dans des réseaux complexes, celui des mineurs convoyés vers les sites d’orpaillage, ou encore des femmes employées comme domestiques dans des conditions proches de la servitude à N’Djamena. Belngar Larmé Jacques a également évoqué le fléau des enlèvements d’enfants contre rançon, rappelant une enquête menée il y a trois ans dans le Mayo Kebbi Ouest, sans oublier la persistance des mutilations génitales féminines. Face à ces constats, il a rappelé la récente note circulaire du ministre de la Justice, visant à responsabiliser l’ensemble des acteurs concernés.

À l’issue de sa mission, la Rapporteure spéciale doit livrer ses premières observations aux autorités, avant de soumettre un rapport final. Celui-ci devrait contenir des recommandations sur des sujets cruciaux comme l’accès à la justice pour les femmes et les enfants, ou encore les entraves liées à la corruption.

Cette rencontre a également permis de jeter les bases d’une coopération stratégique renforcée avec les mécanismes onusiens. Dans un contexte régional marqué par l’instabilité sécuritaire et d’importants flux migratoires au Sahel et en Afrique centrale, le Tchad entend aligner ses politiques sur les standards internationaux du Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Un engagement réaffirmé par les deux parties pour mieux protéger les plus exposés aux réseaux de traite.

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