Une attaque au drone a ciblé, aux premières heures de ce vendredi, un camp militaire tchadien à Tine, localité frontalière de l’est du pays. Le bilan est lourd, deux soldats ont été tués et un troisième grièvement blessé, selon des autorités locales et une source sécuritaire.
Les circonstances de l’assaut restent encore à élucider. « Deux personnes ont été tuées et une autre grièvement blessée », a confirmé Hamit Hassan, préfet du département de Tine, tout en indiquant ne pas connaître l’identité des auteurs.
Cependant, une piste est évoquée que le drone provenait du territoire soudanais. La question de savoir s’il a été lancé par l’armée régulière soudanaise ou par les Forces de soutien rapide (FSR), le puissant groupe paramilitaire en guerre contre elle, n’est pas tranchée.
Les autorités tchadiennes affichent une fermeté sans équivoque. En signe de réaction immédiate, la base aérienne d’Abéché a été placée en alerte maximale et des renforts terrestres ont été dépêchés vers Tine.
Ni l’armée soudanaise ni les FSR n’ont réagi dans l’immédiat à ces accusations.
Cet incident survient dans une zone hautement sensible. Tine sert en effet de camp de transit crucial pour des milliers de réfugiés fuyant la guerre au Soudan, avant leur transfert vers des sites plus à l’intérieur du Tchad. Ce redéploiement est toutefois ralenti par un manque criant de financements pour l’eau, l’assainissement et les abris dans les camps, déplorent des sources humanitaires.
Le conflit soudanais, qui a déjà provoqué le déplacement de plus de 12 millions de personnes selon l’International Rescue Committee, vient ainsi frapper aux portes d’un pays voisin déjà lourdement affecté par la crise, risquant d’attiser dangereusement les tensions régionales.
