La localité de Tawila, déjà saturée de déplacés, est aujourd’hui submergée par un afflux continu de familles fuyant les violences à el-Fasher et dans ses environs. Selon les organisations humanitaires, cette concentration massive de populations dans des conditions précipitées fait émerger une crise autonome et extrêmement grave.

Un rapport de l’Association soudano-américaine des médecins, publié début novembre, dresse un constat alarmant, plus de 650 000 personnes déplacées internes ont cherché refuge à Tawila après des mois de combats. La situation sur le terrain est critique, avec 74 % de ces déplacés contraints de vivre dans des sites informels, dépourvus de la moindre infrastructure de base. Le rapport précise que moins d’un ménage sur dix a un accès fiable à l’eau potable ou à des latrines.

« Ces conditions signifient que Tawila est devenue effectivement un épicentre de crise autonome, et pas seulement un débordement d’el-Fasher », souligne le document.

Dans le même temps, un groupe d’experts de l’ONU a tiré la sonnette d’alarme, jeudi, mettant en garde contre une détérioration dramatique de la sécurité des civils. La crise expose les femmes et les filles à un risque accru d’exploitation sexuelle et de traite des êtres humains. Les enfants déplacés, quant à eux, sont de plus en plus vulnérables au recrutement par les groupes armés.

« Nous sommes profondément préoccupés par les rapports alarmants sur la traite des êtres humains », ont déclaré les experts, pointant du doigt les zones contrôlées par les Forces de soutien rapide (RSF). « Des femmes et des filles ont été enlevées (…) les femmes, les enfants non accompagnés et séparés de leurs familles courent un risque élevé de violence sexuelle. »

Face à cette situation catastrophique, où les familles sont privées de logement, d’aide humanitaire et d’accès aux services essentiels comme la santé et l’éducation, les experts onusiens appellent à une « action urgente pour mettre fin aux violations des droits de l’homme qui causent ces souffrances. »

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