La Cour criminelle d’appel de Sarh a rendu, lundi 24 novembre 2025, un verdict lourd à l’encontre des deux principaux accusés des massacres de Sandana, dans la province du Chari Moyen. Mohamed Shahed, dit « Gram », et Gad-el-Rab Moussa ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité, après leur transfert vers le centre pénitentiaire de Kelessoum à N’Djamena. Cette décision confirme les jugements par contumace prononcés en 2023 et 2024, qui prévoyaient déjà la perpétuité assortie d’une amende de 200 millions de francs CFA destinée à l’indemnisation des victimes.

Au cours de l’audience, le président de la Cour, Ali Abdallah, a rejeté la demande de mise en liberté formulée par la défense, arguant que les éléments à charge demeurent suffisamment probants. Les accusés répondaient de faits particulièrement graves : homicides volontaires, détention illégale d’armes de guerre, destructions de biens, vols aggravés et appartenance à un groupe criminel. Pour le ministère public, représenté par le procureur Matthias Daoudongar, le jugement constitue une avancée significative dans la quête de justice pour les familles endeuillées.

Si les avocats des parties civiles ont salué une décision « à la hauteur des crimes commis », certains représentants de victimes ont toutefois exprimé leur malaise face à la condamnation de plusieurs de leurs propres clients impliqués en marge du dossier. De son côté, l’avocat de la défense, Noudjassidi Marias, a fait part de sa profonde déception et annoncé son intention de se pourvoir de nouveau en appel, estimant que les droits de ses clients n’ont pas été pleinement respectés.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *