Un atelier sur les pratiques préjudiciables liées aux violences basées sur le genre (VBG) s’est tenu du 14 au 15 octobre 2025 dans la salle de réunion d’Oxfam à Bagasola, sous le thème :
« Centrer les femmes et les filles dans la réponse et l’atténuation des violences sexuelles et sexistes dans les communautés touchées par les conflits au Tchad (2025-2027) ».

Ce projet, d’une durée de deux ans (du 1ᵉʳ février 2025 au 31 janvier 2027), est financé par Affaires Mondiales Canada, en partenariat avec OXFAM, l’APLFT et la Délégation provinciale de la Femme et de la Protection de la Petite Enfance du Lac.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le sous-préfet de Kaya, Ali Abderamane Mbodou.
Cet atelier a pour objectif de contribuer à la réduction des pratiques préjudiciables liées aux VBG et à la prévention contre les abus et exploitations sexuelles, à travers le renforcement des capacités et l’engagement des différentes parties prenantes.

Youssouf Yana Mohomodou, responsable terrain d’Oxfam, a salué la présence des autorités administratives, traditionnelles et religieuses à cet atelier. Selon lui, ces assises constituent un cadre idéal de concertation autour des pratiques préjudiciables liées aux VBG dans la province du Lac.

Le sous-préfet de Kaya, Ali Abderamane Mbodou, a déclaré que ces pratiques préjudiciables, souvent justifiées par des traditions ou des croyances, ne doivent plus être tolérées. Elles constituent, au contraire, un frein à notre développement collectif et à la cohésion sociale, a -t-il martelé.

Il a réaffirmé son engagement à œuvrer pour l’éradication des violences basées sur le genre et la promotion de l’égalité entre les sexes.

Les facilitateurs Franklin Mbaissessem Beinde, chargé de protection et genre, chef de projet AMC Protection, Nenoudji Flora, cheffe de projet APLFT et Dabtar Christian, chef de projet APLFT-Dikonie se sont relayés pour présenter les différents modules. Ils ont notamment exposé les textes juridiques fondamentaux internationaux, régionaux et nationaux qui luttent contre les VBG.

Les échanges en plénière ont été riches et intenses, permettant aux participants d’identifier les causes profondes des violences basées sur le genre.

À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment :
le renforcement des campagnes de sensibilisation à tous les niveaux ;
l’implication accrue des leaders religieux et communautaires ;
l’application effective des textes juridiques existants ;
la prise de conscience des femmes elles-mêmes ;
la prise en charge adéquate des victimes de VBG ;
et l’insertion socio-économique des survivantes à travers des Activités Génératrices de Revenus (AGR).

Les discussions ont mis en lumière plusieurs réalités vécues dans les communautés : les mariages précoces, les mutilations génitales féminines, le déni d’éducation pour les filles, la stigmatisation des survivantes de violences, entre autres pratiques portant atteinte à la dignité humaine.

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