La présence de l’Armée nationale tchadienne (ANT) dans la localité de Miski, dans la province du Tibesti, incarne une stratégie de pacification qui dépasse la simple démonstration de force. Son déploiement vise à restaurer l’autorité de l’État et à rétablir un ordre durable dans une région historiquement fragile, marquée par des conflits liés à l’exploitation des richesses minières. Ce déploiement s’effectue dans le cadre de la mise en œuvre d’un accord de paix élargi, conclu en avril dernier entre le gouvernement et plusieurs groupes locaux, dont le Comité d’autodéfense de Miski .
L’opération, menée sous le commandement du général Abakar Abdelkerim Daoud, Chef d’État-Major Général des Armées, a été marquée par un accueil chaleureux de la part des habitants . Cette réception enthousiaste scelle une alliance cruciale entre l’armée et les civils, un atout décisif pour la réussite des opérations de stabilisation.
Le processus de pacification a connu une avancée concrète le 24 septembre 2025, lorsque les groupes d’autodéfense de Miski ont cédé leurs barrières de contrôle aux Forces de défense et de sécurité tchadiennes FDS. Lors de sa visite sur le terrain pour constater ce transfert d’autorité, le général Abakar Abdelkerim Daoud a partagé un geste fort de réconciliation partager un verre de thé avec avec les chef, issu des rangs d’autodéfenses. Ce symbole culturel puissant témoigne d’une volonté mutuelle de tourner la page des affrontements passés.
La région du Tibesti est en proie à des conflits récurrents depuis la découverte de gisements d’or en 2012, attisant les convoitises et une défiance historique de la population. Un premier accord de paix avait été signé en avril 2025 à Bardaï, visant à mettre fin à plus de sept ans de conflit. Récemment, cet accord a été élargi à de nouveaux signataires, dont les mouvements Difa Al-Watan et MADAT, ainsi que le Comité de défense de Yorogueï .
Cependant, ce processus n’est pas sans défis. Des rumeurs d’affrontements, bien que démenties par le gouvernement et le comité d’autodéfense, ont circulé en septembre 2025, accompagnant le déploiement de troupes supplémentaires. Le médiateur de la République, Saleh Kebzabo, a reconnu que certains mécontentements, émanant de « groupes minoritaires isolés », persistaient.
