La justice malienne a rendu, lundi 26 octobre, son verdict dans l’affaire des lotissements controversés de la zone aéroportuaire de Bamako. Sept prévenus, parmi lesquels l’ancien maire de la capitale, Adama Sangaré, ont été condamnés à dix ans de prison par la chambre criminelle du Pôle national économique et financier. Un autre élu, jugé par contumace, a écopé de vingt ans de réclusion, assortis d’un mandat d’arrêt international. Un seul accusé a été acquitté, tandis que la défense annonce son intention de faire appel.

Au cœur de cette affaire, des opérations de morcellement et d’attribution de plus de 3 000 parcelles sur un domaine public appartenant à l’État, dans la zone aéroportuaire de Bamako. Les prévenus sont poursuivis pour faux et usage de faux, détournement de deniers publics et atteinte aux biens publics. Durant trois semaines d’audience, les avocats de la défense ont contesté les accusations, affirmant notamment que les attributions foncières auraient été effectuées sur instruction verbale de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta, dans le cadre du processus de réconciliation nationale.
L’ancien maire Adama Sangaré a également rejeté les accusations portées contre lui, soutenant qu’il n’aurait pas regagné le Mali s’il avait eu quelque chose à se reprocher. Ses partisans, présents lors du procès, ont par ailleurs soulevé des interrogations sur un éventuel traitement défavorable lié à son statut politique. Malgré ces contestations, la juridiction a prononcé de lourdes peines, relançant le débat sur la gestion du foncier public et la responsabilité des autorités dans les opérations d’attribution des terres.
