Du 8 au 10 octobre 2026, Goré accueille un forum interculturel des jeunes et des femmes. Organisé dans le cadre du projet FADECIV par l’APLFT, avec ses partenaires Caritas Suisse et l’ANATS, et financé par l’Agence française de développement, l’événement réunit des retournés, des réfugiés centrafricains et des membres des communautés d’accueil.

Comment faciliter l’intégration des Tchadiens revenus de Centrafrique dans des communautés qu’ils connaissent parfois mal, ou plus du tout ? Comment réduire les préjugés entre retournés, réfugiés et populations d’accueil ? Et surtout, comment éviter que les incompréhensions ne se transforment en tensions ? C’est autour de ces questions que se tient le forum de Goré.

Depuis plusieurs années, les communautés d’accueil partagent leurs terres, leurs points d’eau, leurs marchés, leurs écoles et leurs services de base avec des populations arrivées après les crises en Centrafrique. Si l’hospitalité a été au rendez-vous, cette cohabitation peut aussi nourrir des frustrations. De leur côté, certains retournés arrivent dans un pays qu’ils connaissent peu ou plus, sans attaches familiales solides et parfois sans documents d’état civil. Les difficultés ne tiennent donc pas seulement au manque de ressources : la méconnaissance de l’autre peut aussi alimenter les préjugés, renforcer la méfiance et compliquer les relations dans les villages.

Pendant trois jours, les participants disposeront d’un cadre d’échange pour partager leurs parcours, leurs expériences et leurs difficultés, mais aussi pour identifier les obstacles à l’intégration et chercher des réponses adaptées à leurs réalités. Les jeunes et les femmes y occupent une place centrale, avec la possibilité de dialoguer avec les autorités, les professionnels et les partenaires.

Pour le préfet du département de la Nya Pendé, Rokoula Rodolphe, le retour ne suffit pas à garantir l’intégration. Il faut également « recréer les liens, restaurer la confiance et favoriser le dialogue ». Pour Djouma Victor, délégué régional du Sud de l’APLFT, le forum doit être un véritable espace d’écoute où chacun puisse « parler, écouter, comprendre et être compris ».

Au-delà des échanges, les participants sont appelés à identifier les freins à l’intégration, à proposer des solutions, à formuler des recommandations et à prendre des engagements au sein de leurs communautés. Des points focaux seront désignés pour assurer le suivi. Les expériences et bonnes pratiques seront ensuite documentées afin d’être partagées lors d’un atelier national de dissémination.

Ce forum est le deuxième du genre organisé cette semaine à Goré. Des rencontres similaires se tiennent également à Maro, dans la Grande Sido. À travers cette initiative, le projet FADECIV entend contribuer au renforcement du dialogue, de la confiance et du vivre-ensemble entre retournés, réfugiés et populations d’accueil.

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