Un forum communautaire consacré à la contribution des personnes retournées au développement socio-économique et aux défis liés à leur intégration s’est ouvert ce lundi 28 septembre 2026 à Goré, dans le département de la Nya-Pendé. Pendant trois jours, plus de 70 participants, parmi lesquels des autorités, des personnes retournées, des membres des communautés d’accueil, des femmes, des jeunes et des acteurs de la société civile, échangent sur les conditions nécessaires à une meilleure intégration.

Ces discussions interviennent dans un contexte où certaines personnes, après plusieurs années passées en République centrafricaine, retrouvent leur communauté d’origine avec la nécessité de reconstruire leur vie, de reprendre une activité, d’accéder à la terre, d’obtenir des documents d’identité, de bénéficier des services de base et de renouer avec leur communauté.
Organisé à partir de ces réalités, le forum vise également à aborder les incompréhensions et les préjugés susceptibles de compliquer le retour. Financé par l’Agence française de développement (AFD) dans le cadre du projet FADECIV, il est mis en œuvre par le consortium Caritas Suisse, ANATS et APLFT. L’objectif est de réunir les différents acteurs concernés afin d’identifier ensemble des réponses adaptées au contexte local, au-delà de la seule prise en compte des difficultés rencontrées par les personnes retournées.
Pour le Délégué régional du Sud, Djouma Victor, cette rencontre doit contribuer à faire évoluer les perceptions sur les personnes retournées, qui reviennent également avec des compétences, des expériences et des savoir-faire acquis ailleurs. Dans l’agriculture, l’élevage, le commerce, l’artisanat ou d’autres secteurs, ces acquis peuvent participer au développement de l’économie locale, à condition que les conditions nécessaires soient réunies. De son côté, le maire de la ville de Goré, représentant le préfet de la Nya-Pendé, souligne que l’intégration ne peut être une responsabilité portée uniquement par les retournés. Les communautés d’accueil ont elles aussi leurs préoccupations, notamment en matière d’accès à la terre, aux ressources et aux opportunités. « Le forum doit permettre aux participants de passer de la coexistence à une participation réelle à la vie de la communauté », estime-t-il.
Le facilitateur Mounbaye Ngodro relève, pour sa part, les changements qui peuvent intervenir après plusieurs années passées ailleurs. Selon lui, « certaines personnes retournées ont le sentiment d’être devenues étrangères dans leur propre pays d’origine », tandis que d’autres peuvent avoir tendance à rester dans leur statut de retournées dans l’espoir de continuer à bénéficier de certaines formes d’assistance. Il souligne également que la manière de parler, certaines pratiques et certains comportements peuvent davantage correspondre aux réalités du lieu où elles ont vécu qu’à celles de leur communauté d’origine. Il estime ainsi que les personnes retournées peuvent progressivement retrouver certaines habitudes locales, apprendre ou réapprendre la langue et les codes sociaux et participer davantage à la vie communautaire.
Au terme des échanges, les participants devront dégager des pistes de solutions et des engagements locaux pour réduire les préjugés, prévenir les tensions et faciliter la participation des personnes retournées au développement de leurs villages et de leurs villes.
