Le Syndicat des Enseignants du Tchad, à travers ses sections provinciales de N’Djamena et du Logone Occidental, durcit le ton face à ce qu’il considère comme des retards persistants dans la mise en œuvre des engagements pris par le gouvernement. Réunis en séance élargie le 4 septembre 2026 à N’Djamena, les responsables syndicaux ont exprimé leur mécontentement devant la lenteur du processus et les difficultés auxquelles restent confrontés les enseignants.

Au cœur des revendications figure notamment le non-respect du calendrier de 45 jours arrêté depuis le 3 avril 2026, qui devait aboutir à la signature du protocole d’accord relatif à l’application du Décret n°2850. Le SET déplore également le report de l’échéance du 6 juin 2026, initialement retenue pour la conclusion d’un accord devant garantir une trêve sociale durable. Pour l’organisation syndicale, ces retards alimentent la frustration au sein du corps enseignant et fragilisent davantage la confiance entre les partenaires sociaux.

Le syndicat conteste par ailleurs la prolongation du moratoire de 18 mois concernant les autorisations d’étude accordées aux enseignants. Il estime que le refus de délivrer ces autorisations porte atteinte au droit des enseignants à la formation et à l’amélioration de leurs compétences professionnelles. Le SET appelle ainsi les autorités à respecter les dispositions légales et réglementaires encadrant la formation des enseignants.

Dans un autre volet, la section du Logone Occidental s’est particulièrement préoccupée des conditions de vie et de travail des enseignants. Elle considère que les mesures annoncées par le gouvernement, notamment les revalorisations prévues des salaires, restent insuffisantes au regard des attentes du personnel éducatif. Le syndicat insiste sur la nécessité de faire de l’éducation une véritable priorité nationale et estime qu’aucune ambition de développement durable ne peut être concrétisée sans un investissement conséquent dans ceux qui forment les générations futures.

Le SET-LOC appelle également à davantage de transparence au sein même de l’organisation syndicale. Pour cette section, les enseignants doivent être régulièrement informés des négociations menées en leur nom, des engagements obtenus et de leur niveau d’exécution. Elle invite le Bureau national à renforcer la concertation avec la base et rejette toute forme de menace, d’intimidation ou de pression à l’égard des militants. Les divergences d’opinions, soutient-elle, doivent être considérées comme des éléments susceptibles d’améliorer le fonctionnement du mouvement syndical plutôt que comme des actes de défiance.

À l’approche de la rentrée scolaire, le SET réclame donc des actes concrets du gouvernement afin de restaurer la confiance et d’apaiser le climat social dans le secteur éducatif. Les responsables syndicaux plaident pour un dialogue permanent, une application effective du Décret n°2850 et la mise en œuvre des engagements issus du Protocole d’accord. « L’éducation mérite mieux, les enseignants méritent mieux », martèle le SET, qui appelle ses membres à rester unis, vigilants et mobilisés pour la défense de leurs droits.

Par Fakané Zebkalbé

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