Le Collectif des avocats du sénateur Ibrahim Wanglaouna Foullah a tenu un point de presse ce jeudi 3 septembre 2026 à N’Djamena. En cause, l’ouverture d’une procédure d’instruction notifiée au parlementaire par la Fédération tchadienne de football association (FTFA).

L’affaire remonte au 29 juin dernier. Lors d’une séance d’interpellation du ministre de la Jeunesse et des Sports à l’hémicycle, le sénateur avait tenu des propos jugés litigieux par la FTFA. Agissant par délégation du ministère, l’instance sportive a sommé l’élu de fournir, sous huit jours, les preuves de ses allégations.

Une démarche qualifiée de « balourdise » par la défense, qui dénonce une méconnaissance des textes. Les avocats rappellent que le sénateur s’exprimait dans le cadre strict de son mandat parlementaire, au cours d’une séance publique, et que toute poursuite engagée contre lui est dès lors irrecevable.

Le Collectif s’appuie sur l’article 118 de la Constitution du 29 décembre 2023, qui garantit aux parlementaires une immunité pour les opinions émises dans l’exercice de leurs fonctions. Il invoque également l’article 47, alinéa 5, du règlement intérieur du Sénat, consacrant le caractère absolu, perpétuel et d’ordre public de l’irresponsabilité parlementaire. Une protection qui, selon la défense, s’impose y compris à une organisation comme la FTFA.

Les avocats exhortent la fédération à respecter la loi fondamentale et à abandonner toute procédure disciplinaire. « La Chambre d’instruction et la Commission de discipline ne sauraient passer outre ces textes », prévient Me Jean Sirina. Pour la défense, le véritable enjeu dépasse le cas de leur client, il pose la question plus large des rapports entre les institutions sportives et le pouvoir législatif.

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