La Commission nationale des droits de l’homme a inspecté la maison d’arrêt de Belaba, située dans le Logone-Occidental, afin d’évaluer le respect des droits des personnes privées de liberté. Reçue par le directeur de l’établissement, Mahamat Hissein Mouktar, la délégation a dressé un constat sévère des conditions de détention.

L’établissement héberge actuellement 824 détenus, dont 30 femmes et 27 mineurs. Face à cet effectif, l’administration pénitentiaire peine à assurer les besoins essentiels, pénuries de médicaments, accès limité à l’eau potable, hygiène défaillante et manque d’équipements de base pèsent lourdement sur le quotidien carcéral.

Sur le plan judiciaire, les inspecteurs ont relevé des situations préoccupantes de détention provisoire abusive. Des personnes seraient incarcérées depuis trois à neuf ans sans avoir été présentées à un juge. La CNDH a fermement rappelé que toute privation de liberté doit respecter les garanties légales ainsi que les normes internationales, notamment les Règles Nelson Mandela.

Pour remédier à ces manquements, l’institution recommande un renforcement urgent de la prise en charge sanitaire et de l’approvisionnement en eau. Elle plaide également pour la mise en place de programmes de formation professionnelle et la diversification des activités, afin de préparer efficacement la réinsertion sociale des détenus.

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