Dans une lettre ouverte diffusée sur les réseaux sociaux, Dr Djiddi Ali Sougoudi, médecin infectiologue, a supplié le chef de l’État, le maréchal Mahamat Idriss Deby, d’ordonner la libération de son ancien professeur, Pr Avocksouma Djona Atchemenou, actuellement détenu.

« Sans aucune prétention de mettre en cause les décisions de la justice, j’en appelle à votre grandeur à la tête de l’État pour libérer ce grand homme de science et, éventuellement, ses compagnons d’infortune, en les graciant puis en les amnistiant », écrit le praticien, qui se présente comme un ancien étudiant du professeur titulaire en économie de la santé.
Dr Djiddi Ali Sougoudi dresse un portrait élogieux de celui qu’il considère comme un « second père ». Il rappelle que, même ministre d’État, Pr Avocksouma se rendait à la faculté de médecine « sous une forte canicule, les vestes mouillées de sueur, sans rater une seule heure du cours programmé ». En 2008, le professeur a siégé dans le jury international qui a évalué sa thèse de doctorat sur la surdité et la scolarisation au Tchad. Malgré la rigueur et les questions multiples de son maître, le doctorant avait forcé son admiration. La présidente du jury, la Pr Aguessy Béatrice du Bénin, avait alors qualifié le travail de « meilleure de toutes les thèses présentées », décernant la mention très honorable avec félicitations du jury, échange de thèse et prix.
« Un maître d’école ou un maître de médecine est un second père, et je vous prie, maréchal Mahamat Idriss Deby, d’entendre le cri d’un fils dont le père est aux geôles », implore le médecin. « Quoi qu’il ait fait, je vous prie de bien vouloir libérer le Pr Avocksouma et l’appeler auprès de vous pour servir la République du Tchad qui vous est si chère. »
Tout en félicitant le président pour son engagement à « sauvegarder le Tchad au milieu des mille embûches », le Dr Sougoudi met en garde contre « ces incompétents qui veulent être à votre proximité en vilipendant des grands commis de la République ». Il explique avoir choisi les réseaux sociaux pour contourner un « circuit fermé » qui empêcherait son courrier d’atteindre directement le chef de l’État. La publication est accompagnée de plusieurs images de sa soutenance de thèse, le 7 mai 2008, et de la remise des diplômes le lendemain.
