Comme pour beaucoup d’autres nations, c’est cette adhésion qui portait notre espérance et scellait notre engagement dans la lutte contre l’impunité, singulièrement face aux crimes contre l’humanité, aux crimes de guerre et au génocide. Rejoindre une institution comme la Cour pénale internationale, c’est consentir à déléguer une part de sa souveraineté au service d’un idéal de justice.

Force est pourtant de constater que, depuis sa création, le fonctionnement de la CPI n’a pas répondu aux attentes ni respecté les principes fondateurs qui ont rassemblé, à ce jour, plus de 124 États. Face à une dérive marquée par des poursuites sélectives les propres statistiques de la Cour en témoignent, face à des jeux de puissance qui protègent certains et ciblent systématiquement les Africains, et fidèle à l’attachement du président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, à la souveraineté africaine comme nationale ainsi qu’à l’équité, le Tchad ne se reconnaissait plus dans cette institution.
C’est donc avec beaucoup de regrets que la décision de se retirer du Statut de Rome a été prise. Conformément à ses dispositions, le Tchad cessera, dans le délai prévu, d’être partie à la CPI. Mais au-delà du cas tchadien, la situation actuelle de la Cour doit interpeller l’ensemble des pays africains qui en sont encore membres. Nous ne pouvons plus accepter d’être les victimes consentantes d’un système à double vitesse, d’une justice à géométrie variable. Il nous revient désormais de nous organiser pour nous doter d’instruments capables de garantir la justice et de la rendre aux victimes des crimes les plus graves.
